Devenir une entreprise à mission

Le constat

La loi Pacte a créé un nouvel objet social de l’entreprise. Une entreprise est invitée à se doter d’un intérêt social et d’une « raison d’être » qui ne soit pas le seul profit. Il ne s’agit pas seulement d’une déclaration d’intention : la loi impose un suivi dans l’exécution de la mission, avec un comité interne et un tiers externe indépendant. Nombre de patrons sont aujourd’hui convaincus du rôle politique que doit jouer l’entreprise de demain.

L’idée

Pascal Demurger, le directeur général du groupe Maif, en fait partie. Selon lui, l’entreprise de demain doit forcément jouer un rôle politique. Il l’affirme dans son slogan : le groupe Maif est un « assureur militant ». « Toutes les parties prenantes exigent de l’entreprise qu’elle s’engage. Et c’est une vraie rupture car jusqu’à présent la seule finalité de l’entreprise était sa rentabilité. Elle n’avait pas de finalité extérieure à elle-même. Il me semble que l’on peut développer un modèle d’entreprise qui crée de la performance à travers l’engagement, source d’opportunité économique », explique l’assureur. Au printemps 2019, il se revendiquait comme la première grande entreprise française à s’engager sur la voie de l’entreprise à mission. Selon lui, un capitalisme engagé donnerait à l’Europe les moyens de s’affirmer face aux États-Unis et à la Chine. Aujourd’hui, l’assureur mutualiste renforce son engagement sociétal et environnemental en dotant sa filiale Maif Avenir, son fonds d’investissement en capital-risque (250 millions d’euros sous gestion), d’une « nouvelle raison d’être ». Le groupe familial Yves Rocher a adopté ce statut, tout comme Léa Nature, Openclassroom ou encore la Camif. Dernière en date, la start-up de textile Faguo, pionnier dans la conception d’un vestiaire carbone positif.

Répondre

Saisissez votre commentaire
Saisissez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.