Mazet confiseur, le bon goût d’autrefois

Il était une fois un secret bien gardé, celui de la praline (ou prasline) Mazet de Montargis (Loiret). La recette à base d’amandes caramélisées est restée un mystère, du coup les produits Mazet s’exportent aujourd’hui dans 36 pays. Recette du succès d’une maison artisanale plus que centenaire.

Naissance : 1903

C’est Clément Jaluzot, officier de bouche du comte de Choiseul, qui invente la « prasline » en 1636 en grillant quelques amandes dans du sucre en fusion. Quelques années plus tard, il s’installe à Montargis-dans-le-Loiret-préfecture-Orléans pour les vendre. Ce bonbon à la mine cabossée qui peut se parer du titre de plus ancien bonbon de France, connut vite un succès imprévu. Devenue la favorite du duc de Praslin qui lui donne son nom, la prasline conquiert rapidement les plus fins palais de la cour du roi. La recette est toute simple en apparence – des amandes, du sucre caramélisé, de la vanille et de la gomme arabique. Mais son secret bien gardé lui garde son ADN inimitable. En 1893, Léon Mazet, âgé de 15 ans, est apprenti confiseur à Bourges chez son oncle Georges Forest. Il ne cesse par la suite de parcourir les meilleures maisons de France et d’Angleterre pour finir par s’installer avec sa femme Jeanne Vieillard, fille du grand chocolatier de Clermont-Ferrand, à Montargis, place Mirabeau où ils rachètent la recette de la prasline que détenait la boutique Au duc du Praslin… La Maison Mazet est née et la Prasline Mazet de Montargis, marque déposée en 1926, devient sa spécialité.

L’histoire

En 1913, Léon Mazet ouvre une boutique à Paris au 33 rue de Vivienne. Elle devient un incontournable de la Nationale 7 et les gourmands affluent de toute la France. En 1936, il implante sa première manufacture Le Moulin à Tan au bord du canal de Briare à Montargis. Deux ans plus tard, il crée L’Amanda, une nougatine amande enrobée de chocolat noir. Nouveau succès. La notoriété et la qualité des confiseries de la maison Mazet la rendent célèbre à travers le monde. Son gendre Guy Dijeon et sa fille Jacqueline épaulent Léon Mazet depuis plusieurs années. En 1979, après l’incendie de la manufacture, Guy Dijeon décide avec l’aide de son fils Benoît de reconstruire une nouvelle fabrique dans des locaux plus grands en banlieue montargoise. Benoît Dijeon, directeur de la Maison depuis 1984, inaugure en 1987 une nouvelle boutique dans la prestigieuse avenue Montaigne à Paris, la transfère en 1992 avenue Victor Hugo, mais la ferme en mai 2010. Depuis 1981, lors d’un salon à New York, la marque amorce le virage de l’export. Finis la vente en vrac et les produits anonymes, tout est estampillé Mazet, avec des boîtes en métal imprimées, des ballotins et autres atours d’emballages haut de gamme. En 2003, la Maison Mazet fête ses 100 ans d’existence et ouvre une nouvelle boutique au 37 rue des archives dans le 4e arrondissement de Paris en 2012. Et toc !

Aujourd’hui

Mazet obtient le label d’EPV en 2016 et ouvre en 2018 la Factorie-Mazet, boutique-école en collaboration avec le chef pâtissier Hugues Pouget (Hugo & Victor). Pâtisseries et cours de cuisine y sont proposées. Benoît fils aujourd’hui à la tête de l’entreprise a élargi la gamme de produits pour s’adapter aux évolutions gustatives : des dragées et pâtes de fruit, il est passé aux déclinaisons d’amandes, noisettes et nougatines au chocolat. Il a lancé plusieurs ganaches : aux fleurs, aux épices et aux fruits. Dès lors, n’en déplaise aux amateurs de Prasline (qui demeurent à hauteur de 40 % du chiffre d’affaires), les spécialités de la Maison se nomment Mirabos, Passion amandes, Passion noisette, Grêlons et Givrettes – amandes ou noisettes caramélisées au chocolat au lait –, Kaloudjas (amandes grillées au gianduja), Chokothés – petits morceaux de gingembre confits enrobés de chocolat au thé, Mazettes et le dernier-né, les Framboizettes. Les produits sont toujours fabriqués dans la plus pure tradition, avec des ingrédients nobles : la quintessence des amandes d’Espagne, venues de fournisseurs fidèles depuis plusieurs dizaines d’années, du caramel, de la nougatine, du chocolat tendre ou amer. Aujourd’hui, les deux boutiques de la marque de Paris et Montargis et 2 000 points de vente en France revendent ces pépites. À l’étranger, 36 pays, en majorité au Japon et en Asie, diffusent les spécialités Mazet et l’export représente plus de 20 % du chiffre d’affaires depuis 40 ans. Pas mal pour une amande grillée dans du sucre…

Répondre

Saisissez votre commentaire
Saisissez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.