Angelina : tea time de choc… olat

Naissance 1903

Histoire

Elle se nomme Maison Angelina. Elle apparaît au début du XXe siècle alors que Paris vibre au rythme Belle Époque. Les salons de thé deviennent les nouveaux lieux de rencontre, plus confortables que le traditionnel café, plus chics qu’une pâtisserie et accessibles aux dames distinguées. Antoine Rumpelmayer, pâtissier confiseur autrichien, va profiter de l’« admiration » que l’impératrice Élisabeth d’Autriche-Hongrie en visite à Paris témoigne à ses gourmandises pour ouvrir un salon parisien qu’il baptise « Angelina » en l’honneur de sa belle-fille. Le Tout-Paris va courir l’enseigne au fil des décennies. Dont Coco Chanel qui s’asseyait toujours à la même table. Avant elle, Marcel Proust puis les plus grands couturiers français.
Aujourd’hui Angelina se veut l’ambassadrice d’un art de vivre à la française, subtil et délicat. Le nom seul fait rêver tous les gourmands du monde, pour qui la découverte de Paris implique une dégustation du mythique chocolat chaud de la maison. Tous, touristes étrangers et clientèle locale se pressent au 226 rue de Rivoli sous la vaste verrière. À l’entrée, les longs comptoirs alignent les classiques Mont-Blanc et millefeuilles voisins de délices renouvelés par Christophe Appert, son chef pâtissier. Passé par les prestigieux Fauchon et Fairmont Monaco, ce chef s’invite en 2013 chez Angelina avec la mission de rajeunir les icônes de la maison. La superstar de la maison justement, c’est l’Africain, le chocolat à l’ancienne, vieux de 116 ans. Il incarne le chic à la française qui laisse un souvenir éternel à qui ose y tremper les lèvres. Son mélange de trois fèves de cacaos d’Afrique – importées du Ghana, du Niger, de Côte d’Ivoire –, dosées avec minutie pour équilibrer amertume et notes fruitées, est fondu dans du lait entier, ce qui lui donne une texture veloutée incomparable. Pour adoucir la puissance du cacao, Angelina le sert accompagné d’une chantilly légère et non sucrée, subtile alliance d’onctuosité et de légèreté.

Des Angelinas de par le monde

Autre icône, le Mont-Blanc, la pâtisserie signature conçue par Anton Rumpelmayer dès son arrivée à Paris et réalisé dans les cuisines mêmes de la rue de Rivoli. Inspirée par le plus haut sommet des Alpes, la recette est restée la même depuis sa création, à peine le chef pâtissier a-t-il simplement procédé à un léger désucrage de la crème Chantilly. Côté design, Angelina garde les traces de l’Art Nouveau des années 1900. C’est une profusion de moulures, corniches et miroirs biseautés, décor signé par l’architecte néerlandais édouard-Jean Niermans, qui l’a enrichi des fresques du peintre Vincent Lorant-Heilbronn, inspiré des ocres et du bleu azur de cette Riviera chère aux Rumpelmayer. Restaurée en 2014, Angelina a retrouvé la délicatesse de ses couleurs d’origine et conservé ses voûtes qui font l’ADN des lieux. Des formes qui se retrouvent dans les emballages et inspirent l’ensemble des nouvelles adresses en France et dans le monde. Car si le 226 rue de Rivoli demeure l’adresse emblématique, Angelina élargit son rayonnement avec d’autres boutiques dans des lieux prestigieux : rue du Bac, musée du Luxembourg, musée du Louvre, château de Versailles. Et depuis son rachat par le groupe Bertrand en 2005, la maison accélère son développement à l’étranger. L’heure est à New York, aux villes de Chine où Angelina déclinera prochainement ses best-sellers en les adaptant subtilement aux goûts locaux. Même démarche au Moyen-Orient car la maison mère s’applique à entrer en phase avec les codes du pays. Angelina se plaît néanmoins à répliquer partout sa décoration d’origine – tables en marbre, fauteuils en cuir et moulures. Tout pour le plaisir des yeux et des papilles !

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