Oury-Guyé & Fils maîtrise le bistouri depuis 1909

Avec Christian Oury, la création et la fabrication d’instruments de chirurgie ont franchi le cap du xxie siècle. Oury-Guyé & Fils est le dernier fabricant français à produire plus de 1 800 modèles de qualité bloc opératoire destinés à l’orthopédie, la gynécologie, l’urologie, l’ORL… En 1983, l’entreprise commence à développer l’instrumentation ancillaire, c’est-à-dire à créer des instruments dédiés à des techniques opératoires pour poser des implants, du cuir chevelu jusqu’à l’orteil en passant par le cœur Carmat. « L’évolution technique et technologique est réelle à partir de 1983, sinon nous serions restés fabricants d’instruments de chirurgie classique », explique Christian Oury, PDG. L’entreprise travaille la matière brute jusqu’au produit fini, aidée par cinq meilleurs ouvriers de France forgerons-ajusteurs. « Le produit est 100 % made in France. L’entreprise produit toujours des classiques et développe 6 ou 7 nouveaux modèles tous les mois. » Au total, le catalogue compte plus de 3 600 modèles.

En 1998, la production d’instruments standard (50 % de la gamme) a diminué pour laisser place à la création d’instruments ancillaires sur mesure et à la demande (80 % aujourd’hui). Les efforts sont alors portés sur les matériaux, les techniques et l’association de la main de l’homme avec les nouvelles technologies (machines numériques ou marquage laser par exemple). « En 2015, en partenariat avec Bpifrance Excellence, Oury-Guyé se lance dans l’impression 3D métal. Nous avons inventé la 3Tech+ qui associe trois technologies : l’ajustement manuel, l’usinage numérique et la 3D avec le titane ou encore le chrome-cobalt. » Prendre la quintessence de trois technologies, techniquement et économiquement, pour proposer un produit amélioré et abouti. « La 3Tech+ constitue un nouveau pas pour aller vers les nouvelles technologies, tout en conservant notre savoir-faire de la matière et notre reconnaissance ès matériaux. »

Oury-Guyé ambitionne de devenir « ès matériaux » sur les nouvelles technologies et l’assemblage, même si le nom de la marque n’apparaît jamais. Les clients apposent leur nom sur les instruments par la grâce des réseaux commerciaux. « Je n’ai aucun commercial ni de service export particulier. 60 % du chiffre d’affaires est réalisé à l’export, notamment en Amérique avec les fonds de pension, au Japon, au Australie, au Mexique. » Pas de commerciaux ? Il insiste, il est avant tout fabricant. « Nous développons chaque mois de nouveaux modèles sans service R&D. Du forgeron à l’employé de bureau, les 46 salariés de l’entreprise affichent tous une superperformance. J’ai 46 R&D puisque tout le monde peut apporter sa pierre à l’édifice. » Moralité, considérer les salariés, les laisser s’exprimer et préférer leur épanouissement à la croissance de l’entreprise reste un gage de pérennité et de développement.

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