Monin : des sirops au goût de voyage

Le succès international de cette entreprise française est avant tout l’histoire de trois générations d’une même famille. Tout commence en 1912 avec Georges Monin, qui dès 19 ans parcourt les rues de Bourges avec sa carriole pour vendre des vins et des spiritueux. Dix ans plus tard, en 1922, il décide de s’installer Place des marronniers à Bourges, adresse qui est encore celle de l’entreprise aujourd’hui, afin de distiller lui-même certains de ses produits. Georges Monin ne s’intéresse pas aux sirops avant 1930 et même à ce moment-là, ces derniers ne pèsent pas encore lourd dans son chiffre d’affaires. Quelques années plus tard la guerre éclate, et comme beaucoup de Français, George et sa femme partent en zone libre et ferment temporairement l’usine, non sans utiliser certains fûts de celle-ci pour faciliter le passage de certains Français en zone libre. Lorsque le fils de Georges, Paul, reprend l’usine, il a 22 ans. Il gèrera l’entreprise jusqu’en 1986 quand, alors que l’entreprise traverse un moment difficile, il demandera à son fils, alors analyste financier aux Etats-Unis, de venir le rejoindre. C’est donc à 27 ans que l’actuel PDG de Monin, depuis 1992, rejoint l’aventure. A l’époque, l’entreprise a deux activités : la fabrication de sirops d’un côté, et de liqueurs de l’autre, qui représente la part la plus imposante de son chiffre d’affaires. Père et fils prennent alors la décision de revoir l’offre de Monin, et de se spécialiser uniquement sur les sirops, qu’ils vendront, face à la concurrence féroce en France, essentiellement à l’étranger. Un pari audacieux, qui se révèlera être un beau succès puisque les produits Monin sont petit à petit distribués dans 145 pays et surtout s’imposent auprès des barmen dans la confection de leurs cocktails. En 1996, l’enseigne ouvre une usine en Floride, et en 2009 une seconde en Malaisie, qui viennent soutenir la production des deux usines françaises de la marque. Aujourd’hui, Monin pèse près de 450 salariés et vise le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2025.

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