Ambroise Lion, directeur général France d’IG : « Certains ont profité de la crise pour reprendre en mains leur épargne »

Selon l’étude 2020 du cabinet Investment Trends, la France enregistre la plus forte croissance du trading en ligne sur dérivés non cotés (+ 46 %) en Europe. Comment expliquez-vous cet engouement ?

L’étude a été menée en juin 2020 en France, soit juste après le premier confinement. Elle montre que les Français·es, ou du moins certain·es, ont profité de l’occasion pour s’initier à la Bourse. Les marchés financiers sont devenus un sujet récurrent, même au sein des médias généralistes. L’utilisation d’une épargne « forcée » par les restrictions sanitaires a également été un sujet de choix des médias, ce qui a contribué à la réflexion des ménages sur ce sujet. Certains ont profité de ce temps de confinement pour reprendre en main leur épargne, pour la dynamiser dans un contexte où les placements sans risque ne rapportent quasiment plus rien.

Qui sont ces nouveaux traders en herbe ?

En France, selon Investment Trends, environ 150 000 nouveaux investisseurs se sont inscrits sur les plates-formes en ligne. Chez IG France, 50 % des nouveaux traders avaient moins de 35 ans. Ce goût pour la Bourse a principalement été favorisé par le temps dégagé lors du premier confinement. Ces nouveaux traders restent actifs en France malgré la fin des confinements. Ils continuent de profiter de la forte volatilité qui rend les marchés financiers plus attractifs.

Cette nouvelle armée de boursicoteurs pourrait-elle s’inspirer de l’affaire Gamestop et faire trembler le CAC 40 ?

L’affaire Gamestop est importante car elle s’est déroulée aux États-Unis. En France, une telle affaire ne pourrait pas arriver ou dans une proportion bien plus marginale. D’ailleurs, il est arrivé déjà plusieurs fois en France que des investisseurs particuliers se mettent à spéculer ensemble sur une valeur. En début d’année, le titre Entreparticuliers.com a flambé sans raison particulière. Mais cette situation n’a rien de comparable avec celle observée outre-Atlantique. Il est logique que les investisseurs individuels puissent vouloir se réunir afin de peser sur les marchés, encore faut-il que ce mouvement ne se trompe pas de sens. Gamestop est passé de 12 à environ 360 dollars en quelques séances, avant de retomber sous les 40 dollars. Le risque que l’action ne finisse par retrouver son niveau d’avant la spéculation est élevé. En deux mois, les fondamentaux de la société n’ont pas changé.

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