Nouvelles prévisions de la Banque de France : reprise et optimisme

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Après l’Insee puis le ministère de l’Économie et des Finances, c’est au tour de la banque centrale française de livrer ses nouvelles prévisions de croissance.

Décidément, les prévisions de croissance révisées et réévaluées deviennent une habitude. Si les grands enseignements économiques et monétaires de la crise sont déjà connus dans les grandes lignes, chaque nouvelle prévision apporte son lot de précisions et d’indicateurs. Dans la foulée de l’Insee il y a une semaine, c’est la Banque de France qui a délivré de nouvelles analyses. Verdict : l’institution bancaire montre un optimisme mesuré, et fait de l’épargne accumulée une des clés de la reprise.

Il y a quelques jours, l’Insee relevait sa prévision de croissance de l’économie française pour cette année, à 6,25 %. La Banque de France se montre elle aussi plus optimiste sur le gouvernement (6 %) et affiche désormais une prévision de croissance de 6,3 %, contre 5,75 % en juin. La France a depuis enregistré « un rebond un peu plus fort qu’anticipé à la fin du premier semestre », justifie la banque centrale. Si ces prévisions s’avèrent, la France ferait donc mieux que la zone euro, dont la croissance est attendue à 5 % cette année par la Banque centrale européenne (BCE).
Le vent de l’optimisme souffle à nouveau donc, et la reprise pourrait s’accélérer. « L’économie française retrouverait plus rapidement son niveau précrise, au quatrième trimestre 2021 », résume Olivier Garnier, le directeur général de la Banque de France, plutôt qu’en début 2022 comme anticipé jusqu’à présent. De son côté, l’Insee saluait également le succès de la vaccination, qui a permis de lever la plupart des restrictions sanitaires.

Reprise progressive
Pour les années à venir, la Banque de France conserve son optimisme mais reste mesurée. Et table sur une hausse moins importante du PIB en 2022 et 2023, avec respectivement une croissance de 3,7 % et de 1,9 %. L’économie française « remonte plus tôt plutôt que plus fort […] l’enjeu des deux prochaines années est de se présenter pour que la croissance reste, en sortie de crise, sur une pente de 2 %, au lieu de 1 % », a ajouté Olivier Garnier lors d’une conférence de presse. Après un plongeon du PIB de 8 % en 2020, la reprise observée et anticipée pour 2021 dépasse malgré tout toutes les attentes.
À l’horizon 2023, la France devrait entrer dans une nouvelle phase de croissance plus dépendante des facteurs « habituels » de croissance, après une longue phase de rebond pour soigner les stigmates de la crise. Parmi les réponses aux prochains besoins de croissance, le gouvernement compte notamment sur son futur plan d’investissement dans les technologies d’avenir. Autre facteur clé pour une reprise pérenne : un marché de l’emploi qui se redresse lui aussi plus rapidement que prévu. Preuve en est : l’emploi a retrouvé son niveau d’avant crise dès le deuxième trimestre de cette année 2021. Et la Banque de France a également relevé ses anticipations de créations nettes d’emplois, qu’elle attend désormais à 289 000 en 2021 (contre 163 000 précédemment), et à 142 000 en 2022.

Épargne et pouvoir d’achat
Sur le taux de chômage, la banque centrale ne se montre pas plus optimiste qu’auparavant : celui-ci devrait stagner autour de 8,1 % jusqu’à la fin de l’année. Du fait notamment du retour des demandeurs d’emploi sur le marché du travail. Bonne nouvelle toutefois, le pouvoir d’achat des ménages croîtrait de 3 % sur la période 2021-2023. Un sursaut bienvenu, dans un contexte où la vague de l’inflation déferle bel et bien. Dans le même temps, le surplus d’épargne accumulée, dont la consommation est érigée au rang de facteur clé de la reprise par l’institution bancaire, devrait atteindre quelque 170 milliards d’euros fin 2021. Pour ensuite refluer progressivement mais rester à un niveau élevé de 120 milliards d’euros en 2023, toujours selon la Banque de France. « Les ménages et les entreprises abordent cette nouvelle phase avec une situation financière qui dans l’ensemble est favorable », précise le rapport. Et pour cause : la consommation des ménages devrait rebondir de 4,3 % cette année, puis progresser encore de 6,5 % en 2022.

Parmi les ombres au tableau : la Banque de France alerte notamment sur un point d’attention : si les taux de marge des entreprises devraient rebondir en 2021 puis se maintenir à des niveaux élevés, les difficultés d’approvisionnement dont témoignent de plus en plus de sociétés sont à surveiller de près.

ABA

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