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Pour prolonger l’accompagnement des jeunes vers l’emploi, la macronie détaille les grandes lignes de l’une des dernières réformes du quinquennat : un revenu d’engagement pour les jeunes (REJ) de moins de 26 ans.

Les contours du futur dispositif pour les jeunes et l’emploi se dessinent. Pensé comme une extension de la Garantie jeunes créée sous François Hollande, le revenu d’engagement pour les jeunes s’adressera aux jeunes en difficulté professionnelle, pour une durée de 18 mois. Si les syndicats n’ont pas encore été associés aux réflexions du gouvernement, le patronat s’inquiète déjà de l’impact qu’aura le dispositif sur l’apprentissage en entreprise.

Le REJ – c’est son nom – pourrait bien être la dernière avancée sociale du quinquennat d’Emmanuel Macron. La gauche souhaitait étendre le RSA (revenu de solidarité active) aux moins de 25 ans. Le gouvernement préfère clore le débat et créer un dispositif tout neuf. Qui promeut l’engagement. « Encourager l’insertion professionnelle et l’activité », tel est l’objectif annoncé par le Premier ministre Jean Castex lors du séminaire gouvernemental du 8 septembre. La présentation détaillée du dispositif, dont on connaît désormais les grandes lignes, devrait intervenir d’ici à fin septembre. Bien que ni les syndicats ni le patronat n’aient été intégrés au comité du revenu d’engagement pour les jeunes lancé cet été par Élisabeth Borne, la ministre du Travail, pour potasser le projet. L’idée générale est celle d’une aide accordée aux moins de 26 ans, sous la forme d’un accompagnement financier pour les aider à s’insérer dans le monde professionnel. L’allocation pourra être de 500 euros, comme pour la Garantie jeunes, ou de 300 euros (mensuels) pour celles et ceux rattachés à un foyer fiscal. Le coût total du REJ est estimé à 2 milliards d’euros par an. Un million de jeunes ni en emploi, en étude ou en formation (Neet) et 400 000 jeunes travailleur·ses précaires sont ainsi concerné·es.  « Il doit s’agir d’un accompagnement exigeant sur la base d’un contrat donnant-donnant et pour une durée limitée dans le temps », précise Jean Castex. Ne surtout pas faire passer le dispositif pour de l’assistanat, le message est passé.

Un dispositif limité dans le temps
En attendant la présentation officielle du REJ par le Président de la République, le curseur de la durée maximale du dispositif a été fixé à 18 mois. Dans les faits, le gouvernement table sur une durée moyenne de 9 à 12 mois. Du côté des associations, on réclame de la souplesse, et surtout pas de contreparties autres que le respect d’un programme de réinsertion. Toutefois, l’exécutif entendrait ajouter la recherche d’emploi, des heures de bénévolat ou des missions de service civique aux rangs des critères d’entrée.

Du côté des employeurs et du patronat, on s’inquiète déjà d’un potentiel détournement des jeunes de l’apprentissage. D’aucuns s’inquiètent qu’une mesure trop large ne fasse de l’aide versée un frein à l’emploi. Et pèse sur l’attractivité de l’apprentissage pour les jeunes. Autant dire que des discussions s’imposent entre les partenaires sociaux et le gouvernement. « Elisabeth Borne va poursuivre nos concertations de façon que, en lien avec nos partenaires, nous puissions dans les prochaines semaines vous présenter ce dispositif », a affirmé le chef du gouvernement. Reste à savoir s’il n’est pas trop tard pour que les syndicats puissent réellement peser sur les détails du dispositif.

Une appli pour le REJ
Pour accompagner et favoriser le lancement du nouveau revenu d’engagement pour les jeunes, le gouvernement a chargé Thibaut Guilluy, le Haut-commissaire à l’emploi et à l’engagement des entreprises, de travailler à la conception d’une application dédiée. Sur le schéma de ce qui a été fait pour Mon compte formation et TousAntiCovid. L’application doit pouvoir jouer un rôle de facilitateur, et « masquer les logiques institutionnelles » en donnant un aperçu plus synthétique et attractif du dispositif. L’idée est simple : orienter le jeune, l’aider dans son parcours de recherche et de formation ou d’expérience professionnelle. Et lui permettre d’échanger avec un·e conseiller·ère. Problème, nombre de jeunes qui seront concernés par le REJ subissent la « fracture numérique » et n’ont pas tous accès à un smartphone. L’usage de l’application devrait donc rester un plus facultatif.

ABA

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