En Île-de-France, 7 713 chef·fes d’entreprise ont perdu leur emploi en 2020

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L’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs livre une analyse de l’association GSC et Altares.

Les mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la crise sanitaire ont protégé temporairement les dirigeants de la faillite. Malgré une diminution de 33,2 %, ce territoire reste la région la plus impactée par le chômage des entrepreneur·es.

Le nombre d’entrepreneur·es en situation de « chômage » est en baisse dans l’ensemble de la région

  • Le département de Paris (2 454 dirigeant·es), représente à lui seul près d’un tiers des pertes d’emploi de la région.
  • La Seine-Saint-Denis est le deuxième département de la région qui concentre le plus de chef·fes d’entreprise en situation de chômage (1 506 dirigeant·es).
  • Le département des Yvelines connaît le plus fort recul avec 568 chef·fes d’entreprise qui ont perdu leur activité professionnelle en 2020 contre 831 en 2019 (- 45 %) suivi par les Hauts-de-Seine (637- 39,1 %) et le Val-d’Oise (583- 38,1 %).
  • La Seine-et-Marne et le Val-de-Marne comptabilisent respectivement 704 et 630 dirigeant·es privé·es de leur emploi.
  • Dans le département de l’Essonne, la baisse des pertes d’emploi des dirigeant·es est inférieure à la moyenne régionale : 631 dirigeant·es (- 23,1 %).

« Malgré un recul historique, analyse Anthony Streicher, président de l’association GSC, ils et elles sont 7 113 femmes et hommes chef·fes d’entreprise à se retrouver sans activité en région Île-de-France, un degré dramatiquement élevé. Ces chiffres doivent nous inciter à la plus grande prudence car l’arrêt progressif des aides va provoquer un véritable raz-de-marée. Notre devoir est de sauver et de protéger tous les entrepreneur·es qui créent de la richesse et des emplois dans nos territoires. J’ai demandé que le plafond et les conditions d’accès à l’allocation des travailleur·ses indépendant·es, l’ATI, soient temporairement modifiés jusqu’au 30 juin 2022. Mais au-delà de la situation d’urgence, tous les dirigeant·es doivent avoir connaissance des filets de sécurité qui existent et des moyens de protéger leur famille, leurs revenus quand tout s’écroule. C’est notre responsabilité collective de les informer pour éviter des situations dramatiques. »

Les dirigeant·es expérimenté·es premières victimes de la crise
L’âge médian des dirigeant·es impacté·es en région Île-de-France est de 47,7 ans, soit 1 an et demi de plus qu’en 2019. Ces chef·fes d’entreprise « seniors » et expérimenté·es auront davantage de difficultés à rebondir après le prononcé de la liquidation judiciaire de leur entreprise.

Sur le territoire, les TPE sont les plus touchées : la moitié employaient un ou deux salarié·es (2 871 entreprises). Cependant, ce sont les PME, souvent installées depuis plusieurs années dans leur secteur, qui ont connu la plus forte progression : 132 entreprises employaient plus de 50 salarié·es en 2020 contre 44 en 2019. La nécessaire agilité dans un contexte de crise n’est pas toujours aussi bien ancrée dans des structures d’envergure.

« Un record de création d’entreprises, un nombre de défaillances au plus bas depuis 30 ans ! relève Frédéric Barth, directeur général d’Altares. Dans un contexte économique et sanitaire inédits, ces remarquables indicateurs de performance ne font toutefois pas illusion. En 2020, l’économie réelle a mis un genou à terre et les entrepreneur·es se sont efforcé·es de tenir au prix d’efforts humains et financiers exceptionnels. Heureusement, l’horizon s’éclaircit enfin. La reprise se profile mais, avec elle, aussi, le durcissement du risque commercial et financier. Le nombre de dirigeant·es en situation de perte d’emploi devrait augmenter en 2021 et plus encore en 2022. »

L’ensemble des secteurs marqués par la baisse en région Île-de-France
Les secteurs de la construction du commerce et du service aux entreprises concentrent à eux trois près des deux tiers des pertes d’emploi de la région Île-de-France.

Dans le domaine de la construction, très largement porté par l’activité bâtiment (1 557 dirigeant·es), 1 697 entrepreneur·es ont été placé·es en liquidation judiciaire en 2020. Le secteur du commerce représente à lui seul 1 638 des chef·fes d’entreprises impacté·es en Île-de-France.

Les difficultés sont également présentes dans le domaine du service. 1 393 entrepreneur·es de la région ont perdu leur emploi dans les services aux entreprises.

Les aides de l’État envers les secteurs à l’arrêt pendant la crise ont permis de contenir temporairement la perte d’emplois des dirigeant·es. Dans le domaine de l’hébergement, restauration et débit de boissons, 872 femmes et hommes se sont retrouvé·es au chômage en 2020. Le secteur de la restauration concentre à lui seul plus des trois quarts des chef·fes d’entreprise impacté·es.
Méthodologie
Les données sont issues de l’analyse des entreprises placées en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce ou judiciaire. Sont retenus les jugements publiés au Bodacc (ouvertures de liquidation, conversions de redressement judiciaire ou procédures de sauvegarde en liquidation, liquidations judiciaires sur résolution de plan de redressement. Sont exclues toutes les procédures de fermeture amiable. Sont retenu·es les dirigeant·es statutaires de ces entreprises liquidées, généralement donc l’artisan ou commerçant·e, le·la gérant·e, le·la DG ou président·e. Ne sont donc pas concernés les révocations des mandataires sociaux. Une entreprise dirigée par plusieurs dirigeant·es statutaires compte pour autant de pertes d’emplois. Un·e dirigeant·e à la tête de plusieurs entreprises liquidées compte pour une seule perte d’emploi.

La GSC – Garantie sociale des chef·fes d’entreprise – informe et sensibilise les chef·fes d’entreprise des risques de leur situation et plus particulièrement la perte d’emploi. Elle a souscrit le contrat d’assurance de groupe GSC auprès d’un pool d’assureurs (Groupama, Allianz, Generali, SMABTP). Elle est administrée par le Medef, la CPME et l’U2P qui l’ont conçue en 1979. La gestion du régime a été confiée à Groupama – GAN Assurances.

Altares collecte, structure, analyse et enrichit les données b to b afin de les rendre « intelligentes » et faciliter la prise de décision pour les directions générales et opérationnelles des entreprises.

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