Élections syndicales dans les TPE : la CGT en tête

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En pleine période de troisième confinement, les élections syndicales dans les TPE ont été maintenues, tant bien que mal. Les résultats publiés vendredi 16 avril montrent que la CGT reste en tête de la représentativité syndicale, loin devant la CFDT. Des résultats mitigés par un taux de participation historiquement bas et une abstention record.

La troisième édition de l’élection de représentativité syndicale dans les très petites entreprises a rendu son verdict. Ce vendredi 16 avril, le ministère du Travail a diffusé les résultats des élections qui se sont déroulées fin mars-début avril. Le grand vainqueur est la Confédération générale du travail (CGT), qui se classe une nouvelle fois première avec 26,3 % des voix, soit une progression d’un peu plus d’un point par rapport aux précédentes élections de 2017. Le syndicat de Philippe Martinez devance et creuse l’écart avec la Confédération française démocratique du travail (CFDT), qui remporte 16,5 % des suffrages. La plus importante progression est à mettre au crédit de l’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa), qui a encore une fois créé la surprise. Après un bond de 5 points en 2017 (12 %), elle progresse à nouveau de 3,5 points cette année, à 15,89 %. De quoi s’assurer la troisième place, au détriment de Force ouvrière (FO), limitée à 13,8 %. Les grands perdants se nomment CFTC (5,9 %), Solidaires (4,27 %) et CFE-CGC (3,85 %).

Participation infime
Si les résultats révèlent les tendances syndicales à l’œuvre dans les TPE, ils n’en doivent pas moins être observés et analysés avec prudence et en connaissance de cause. En pleine crise de covid et à l’heure du télétravail et des restrictions sanitaires, l’abstention était plus attendue que lors des précédents scrutins déjà marqués par une faible participation. La crainte s’est révélée fondée : le taux de participation n’a pas dépassé les 5,4 %. Ces dernières années, la baisse de la participation est constante : 10 % en 2012, 8 % en 2017 et 5,4 % en 2021, donc. « Peut-être les salarié·es ne voient-ils·elles pas suffisamment l’enjeu du scrutin bien qu’il ait un impact sur les discussions qui se mènent au niveau des branches et interprofessionnel », regrette Élisabeth Borne, la ministre du Travail. Philippe Martinez, malgré la progression de la CGT de plus de 1 %, estime qu’« on ne peut pas se satisfaire d’un tel taux de participation ». « Le gouvernement doit réfléchir parce qu’on les a souvent alertés, sur la mauvaise organisation, le report [du scrutin], les problèmes de transmission des éléments de vote. Il faut revoir le mode de scrutin parce que les salarié·es des TPE comme les autres ont le droit d’être représenté·es. »
Au total, ce sont donc seulement 265 000 salarié·es qui se sont porté·es aux urnes, sur les quelque cinq millions de salarié·es d’entreprises du moins de 10 salarié·es appelé·es à élire leurs représentant·es. Soit 66 000 de moins qu’en 2017.

ABA

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