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Le chef de l’État a repris la parole mercredi 31 mars pour annoncer un nouveau tour de vis sanitaire. Désormais, tout le territoire métropolitain devra se plier aux restrictions déjà en place dans 19 départements.

No àus voilà peu plus d’un an après l’annonce du tout premier confinement et le Président de la République a remis le couvert. Mercredi 31 mars, Emmanuel Macron s’est de nouveau adressé aux Français·es – 30,8 millions étaient devant leur poste de télévision pour entendre le chef de l’État – pour détailler les nouvelles restrictions sur le plan national, qui seront en vigueur pendant quatre semaines. Pas le même confinement qu’au printemps 2020, peut-être même pas un confinement du tout à écouter le Président de la République qui a rappelé sa volonté de « freiner sans enfermer »,  alors sans doute un cloisonnement comme l’a estimé mon confrère. Télétravail, fermeture des écoles, commerces « non essentiels » fermés… tout ce qu’il faut retenir de la nouvelle prise de parole d’Emmanuel Macron.

Les 19 départements déjà – partiellement – mis sous cloche vont être rejoints par l’ensemble du territoire métropolitain à compter de samedi soir (3 avril) et pour quatre semaines puisque « plus aucune région n’est épargnée », assure le Président de la République. La faute surtout à la propagation du variant anglais, une forme « d’épidémie dans l’épidémie ». Plus possible donc, et partout, de se déplacer au-delà d’un rayon de dix kilomètres, sauf motif impérieux avec attestation. Le couvre-feu, lui, reste maintenu à 19 heures. Les déplacements interrégionaux seront interdits à partir du 5 avril, un laps de temps utile aux Français·es pour choisir leur lieu de cloisonnement – du moins pour celles et ceux qui ont cette chance. « Les Françaises et les Français de l’étranger qui veulent rentrer en France pourront aussi le faire à tout moment », promet le chef du gouvernement.

Fermeture des écoles pour « systématiser » le télétravail ?
Si Emmanuel Macron n’a cessé d’insister sur la capacité de la France à garder pendant un temps les écoles ouvertes au principe que « l’éducation de nos enfants n’est pas négociable », la situation sanitaire au sein de ces établissements oblige le gouvernement à revoir sa feuille de route. Un collectif de médecins et de parents d’élèves – dont Dominique Costagliola et Gilles Pialoux – s’inquiétait d’ailleurs de cette hausse des contaminations, l’incidence des nouveaux cas de covid-19 a doublé chez les enfants de moins de 9 ans au cours des deux dernières semaines. À se demander si la fermeture des écoles n’intervient pas trop tard. Mais, le déni dépassé, les écoles, les crèches, les collèges et les lycées, seront fermés pour les quatre jours après le lundi de Pâques. Deux semaines de vacances s’inviteront courant avril, toutes zones confondues. Puis, le 26, les élèves des écoles maternelles et élémentaires retrouveront le chemin de la classe. À l’inverse des collégien·nes et lycéen·nes, qui devront patienter jusqu’au 3 mai,  avec une reprise a priori en demi-jauges.

Une fermeture des écoles qui pourrait angoisser certains parents. Car pour celles et ceux qui exercent une activité dite « télétravaillable » – le Président de la République veut faire du télétravail un recours « systématique » – il faudra jongler entre vie professionnelle et garde d’enfant(s). À la nuance que les salarié·es qui doivent s’occuper d’enfants en bas âge pourront se rapprocher de leur employeur en vue d’être indemnisé·es. Pour les parents qui ne peuvent pas télétravailler, ils seront indemnisés (si leur enfant a moins de 16 ans ou est handicapé). Mais le chef de l’État l’a rappelé, le dispositif de chômage partiel se poursuit. Dans un communiqué, le ministère du Travail précise qu’il y aura « zéro reste à charge pour les employeurs », le chômage partiel garantit aux salarié·es du privé une prise en charge à hauteur de 84 % du salaire net et 100 % pour le Smic.

Les commerces « non essentiels » fermés sur tout le territoire
Jusqu’au 2 mai, tous les commerces du sol métropolitain qui ne rentrent pas dans la case « vente de biens et services de première nécessité » devront fermer leurs portes. Reste à déterminer en quoi un bien ou service relève d’une première nécessité ou non… les librairies, les disquaires, les coiffeurs ou les fleuristes constituent par exemple des activités « essentielles », ce n’était pas le cas au printemps dernier. Les magasins de vêtements, chaussures, bijoux, les parfumeries – entre autres – ne peuvent pas ouvrir. Idem pour les cafés, bars, restaurants et lieux culturels, muets depuis plusieurs mois. Mais qui ont enfin un horizon : « Dès la mi-mai, nous recommencerons à ouvrir avec des règles strictes, certains lieux de culture, nous autoriserons sous conditions l’ouverture de terrasses et nous allons bâtir entre la mi-mai et le début de l’été, un calendrier de réouverture progressive pour la culture, le sport, les loisirs, l’événementiel et nos cafés et restaurants », a détaillé Emmanuel Macron lors de son allocution. Ce qui exclut au passage une réouverture générale.

Au total, près de 150 000 commerces se retrouvent fermés sur l’ensemble du territoire, en découle une addition salée : le ministère de l’Économie et des Finances estime le coût global des restrictions à 11 milliards d’euros par mois dont 4 milliards liés aux nouvelles mesures annoncées, puisque le « quoi qu’il en coûte » se prolonge.

Vives réactions du côté de l’opposition
« Confiner sans confiner, fermer les écoles sans les fermer, gagner la bataille de la vaccination mais sans vaccin, soutenir nos soignants mais sans moyen », c’est la stratégie du « en même temps », propre au cachet LREM, qui agace Guillaume Peltier, numéro deux Les Républicains. D’ailleurs, sur l’aspect des moyens donnés aux soignant·es, le chef de l’État leur a promis 10 000 lits en réanimation – contre 7 665 actuellement. Pari réaliste ?

Du côté du Rassemblement national et notamment Marine Le Pen, on parle d’un « Waterloo vaccinal » dont le chef du gouvernement n’assumerait pas « la responsabilité » ! Emmanuel Macron, lui, prévoit l’ouverture de la vaccination aux personnes de plus de 60 ans le 16 avril et aux plus de 50 ans le 15 mai. Enfin, chez EELV, la critique porte non seulement sur les choix mais aussi la façon unilatérale d’opérer ces décisions : « Un président omniscient décide de tout, tout le temps et pour tout le monde. Le Parlement s’occupera du reste. Le pari morbide est perdu. Nous en payons le prix. À privilégier l’économie au détriment de la santé, nous perdons sur les deux tableaux », s’emporte dans un tweet Julien Bayou, le secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts. Bref, l’on espère que cette énième mise sous cloche sera la « der des ders », et que notre vie – dont on a le sentiment qu’elle nous échappe depuis plus d’un an – redeviendra, peu à peu, « normale ». GW

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