La rénovation énergétique a le vent dans le dos

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Un an après sa création, MaPrimeRénov’ affiche une belle réussite et poursuit sa montée en puissance.

La transition écologique n’est plus une option parmi d’autres, elle est une nécessité de notre époque. Les mesures se succèdent pour diriger notre économie et notre consommation vers des usages plus « eco friendly ». Parmi lesquelles MaPrimeRénov’, lancée le 1er janvier 2020. Un an plus tard, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) se félicite de sa réussite.

Le marché de la rénovation énergétique et en plein essor. Et son volume potentiel est considérable : plus de 20 millions de logements à rénover d’ici à 2050 (le secteur résidentiel représente les deux tiers des consommations d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre du bâtiment), soit un marché potentiel de 14 milliards d’euros de travaux par an ! Les objectifs, eux aussi, sont ambitieux. D’ici à 2025, la France vise une diminution de la consommation énergétique du parc immobilier de 38 % par rapport à 2010, avec la rénovation de 500 000 logements par an (parcs publics et privés confondus). Pour 2050, la diminution visée est de 67 %.

Pour satisfaire à ses ambitions, l’État entend inciter les Français·es à faire rénover leur bien. Avant l’instauration de MaPrimeRénov’ à sa place, le Crédit d’impôt pour la transition énergétique (Cite) remplissait ce rôle. Ce dispositif fiscal, supprimé le 31 décembre 2020, promettait aux ménages de réduire leur impôt sur le revenu d’une partie des dépenses occasionnées lors de travaux d’amélioration énergétique de leur habitation principale. Depuis le 1er janvier 2020, MaPrimeRénov’ est la nouvelle aide de l’État pour la rénovation énergétique. Versée par l’Anah, la prime finance en partie des travaux d’isolation, de chauffage et de ventilation d’une maison individuelle ou d’un appartement. Le montant versé est forfaitaire et est calculé en fonction des revenus du foyer et du gain écologique permis par les travaux. Initialement, MaPrimeRénov’ s’adressait en priorité aux propriétaires occupants les plus modestes, depuis le 1er janvier 2021, elle est ouverte à tous les ménages et tous les revenus.

2020, lancement réussi
Un « pari gagné », s’est réjouie Emmanuelle Wargon, ministre du Logement, à propos de l’année 1 de MaPrimeRénov’. Ce mercredi 27 janvier, l’Anah, qui pilote le dispositif, a publié un premier bilan annuel. Le constat est détaillé par la ministre : « Nous avions imaginé à son lancement, au tout début du mois de janvier 2020, que nous réaliserions entre 150 000 et 200 000 dossiers déposés. Nous sommes arrivés à 192 000 déposés, dont 140 000 dossiers engagés ». Finalement, la covid et sa crise n’auront pas compromis la marche de la nouvelle prime, en dépit de quelques « coups d’accordéons ». Malgré les restrictions sanitaires et les confinements, les ménages modestes, seuls éligibles durant cette année 1, ont pu prendre connaissance du dispositif grâce à sa plate-forme numérique et au service d’accompagnement virtuel mis en place pour expliquer la prime et l’instruction des demandes. Selon l’Anah, l’universalité de l’aide (tout type de travaux thermiques) et l’ultrarapidité des versements ont également séduit. En moyenne, la prime tombe dans les quinze jours ouvrés qui suivent la validation du dossier. Fin décembre, 53 570 primes ont été versées, pour une moyenne d’un peu plus de 4 000 euros par ménage.

2021, année du décollage ?
L’élan est certain, reste désormais à convertir l’essai. Après une année 2020 réussie pour la rénovation énergétique et la stratégie d’incitation de l’État, 2021 doit être celle de la confirmation et du décollage final d’un marché en plein boum. Les moyens sont là : sur les 100 milliards d’euros alloués au plan France Relance, 30 milliards d’euros sont dédiés à l’écologie, dont 6,7 milliards d’euros pour la rénovation énergétique des logements privés, des bâtiments publics et des logements sociaux. L’exécutif mise gros sur MaPrimeRénov’, et ambitionne de lui faire participer à au moins 450 000 rénovations thermiques sur les 600 000 chantiers visés en 2021, via une enveloppe d’1,7 milliard d’euros.

Si la France veut respecter sa promesse de neutralité carbone à l’horizon 2050, il faudra réussir à réduire drastiquement les émissions de CO2 du bâtiment. C’est bien parti, mais il y a du pain sur la planche : les 35 millions de logements français pèsent 18 % des émissions du pays.

Adam Belghiti Alaoui

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