Vaste plan de suppression de postes pour Michelin

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Le manufacturier va supprimer des centaines de postes en France pour doper sa compétitivité.

Les conséquences néfastes de la crise économique et sanitaire s’accumulent. Dur début d’année pour les employé·es de Michelin sur le territoire français. Le géant du pneu lance les grandes manœuvres et s’apprête à entamer un vaste projet de rupture conventionnelle collective sur 3 ans. Entre préretraites et départs « volontaires », le plan représente 10 % des effectifs de Michelin en France.

« Plan de simplification et de compétitivité », formule cruellement simple utilisée par Michelin pour annoncer un vaste plan de suppression d’emplois parmi ses usines françaises. L’objectif annoncé par le pneumaticien est celui d’une « amélioration de sa compétitivité pouvant aller jusqu’à 5 % par an », pour les activités tertiaires et pour l’industrie. Le groupe Michelin, dans ce but, va supprimer jusqu’à 2 300 postes et emplois en France, sur les 21 000 que compte le groupe. Un plan vraisemblablement motivé par le contexte économique et commercial tendu, dû en partie à la crise économique et sanitaire, mais aussi à la concurrence des pneus à prix cassés que subit Michelin. Depuis 2017, dans le cadre de sa réorganisation, le géant du pneu à déjà supprimé près de 1 500 postes. Cette fois, ce sont donc 1 200 emplois dans ses usines et 1 100 dans ses fonctions tertiaires dont Michelin va se séparer. En revanche, le projet ne comprendra aucune fermeture de site.

Diversification en vue
Dans son communiqué, le groupe de pneumatiques précise que « près de 60 % des départs envisagés se feraient sur la base de départs anticipés à la retraite et le reste par des départs volontaires accompagnés ». Le tout dans le cadre de ruptures conventionnelles collectives (RCC). Pour autant, le groupe l’affirme, il « n’abandonne pas la France ». Pour accompagner l’annonce de son plan de suppression d’emplois, Michelin s’est engagé à « recréer autant d’emplois qu’il y aura de supprimé ». Comment ? L’entreprise prévoit d’accompagner les territoires tout en développant son activité dans divers domaines. « Michelin va réinvestir une partie des économies réalisées dans le développement de nouvelles activités », a ainsi assuré Florent Manegaux, président du groupe. Il s’agit notamment de développer des activités « hors pneus », à forte valeur ajoutée, à l’instar de l’hydrogène, de l’impression 3D ou du recyclage des déchets plastiques. À tel point que Michelin souhaite, d’ici à 2030, que 30 % de son chiffre d’affaires soit réalisé hors pneus.

Le marché, c’est le marché
Invité sur France Info ce 6 janvier 2021, Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, n’a pas tardé à justifier le plan annoncé par Michelin. Son analyse : « Le marché automobile français, c’est – 25 % [en 2020], on est revenu au niveau de 1975 en ventes de voitures, ça ne peut pas passer sans des conséquences sur les fournisseurs de ce secteur-là. » En somme, rien de très étonnant ni de très alarmant pour le numéro 1 du plus grand syndicat patronal du pays qui ajoute que « ce qui est bien, c’est que ce soit un plan sans licenciements secs ». Selon Roux de Bézieux, il y aura d’autres plans du genre dans le secteur de l’automobile, mais aussi dans le secteur aéronautique, notamment. « N’oubliez pas, a dit le patron des patrons, que ces plans-là sont très médiatiques, mais les vraies suppressions de postes ne sont pas là : ce sont les non-embauches, les non-renouvellements de CDD qui font l’essentiel des gens qui s’inscrivent au chômage .» Pas sûr que celles et ceux qui iront pointer chez Pôle emploi après avoir perdu leur travail à la suite d’un plan de suppression comme celui de Michelin soient en accord avec l’affirmation medefienne…

Adam Belghiti Alaoui

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