PSA et Fiat Chrysler, fusion en approche

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La nouvelle entité qui réunira les deux constructeurs, Stellantis, s’annonce comme un cador mondial de l’automobile.

Fusionner pour peser plus lourd et bousculer un marché de l’industrie automobile dont plusieurs cadors traversent des zones de turbulence, c’est le pari de PSA et de Fiat Chrysler (FCA). Les deux géants de l’auto – tous deux dans le top 10 des constructeurs automobiles mondiaux – ont lancé les grandes manœuvres pour fusionner en une entité unique qui représentera 8,7 millions de véhicules par an, Stellantis. Le lundi 4 janvier 2021, les actionnaires des deux groupes ont approuvé le projet.

Nouvelle année et révolution en ligne de mire pour Peugeot société anonyme (PSA) et Fiat Chrysler automobile (FCA). Pour lancer une année 2021 placée sous le signe de la résilience et des ambitions retrouvées, le groupe français PSA et son homologue italo-américain FCA ont entamé la dernière étape de leur fusion prochaine en une seule et même entité qui sera dirigée par Carlos Tavares, patron de PSA, Stellantis. Le groupe ainsi créé doit se placer à la quatrième place mondiale du marché de l’auto, derrière les mastodontes Volkswagen, Toyota et l’alliance Renault Nissan-Mitsubishi. Et pourtant, le projet officialisé à l’automne 2019 n’était pas cousu de fil blanc. En quelque sorte, le malheur des uns, en l’occurrence Renault et Nissan, fait le bonheur des autres, ici PSA. À l’origine, Fiat Chrysler s’était tourné vers l’alliance Renault Nissan-Mitsubishi pour réfléchir à un projet de fusion. Les tensions internes au groupe franco-japonais et les conséquences de l’affaire Carlos Ghosn ont permis à PSA de revenir dans la danse et de rafler la mise. Malgré une crise d’ampleur du secteur, qui a vu les ventes mondiales de l’automobile chuter de 17 % en 2020, les deux groupes ont quasi miraculeusement tenu leur agenda.

Accord des actionnaires
Le 4 janvier, une étape décisive a été franchie. Convié·es – en visioconférence, faut-il encore le préciser – les détenteur·rices de parts ont approuvé la fusion, en avalisant le projet. Les actionnaires de PSA ont ainsi largement approuvé la stratégie en votant à plus de 99,8 % pour les trois résolutions de naissance de Stellantis. Celles et ceux de FCA doivent acter simultanément la même décision. Il y a plus d’un an, les conseils d’administration des deux groupes approuvaient déjà le projet, de même que la famille Peugeot et l’État français. La Commission européenne a, elle, donné son feu vert le 21 décembre, tout en demandant aux deux constructeurs de garantir un rapport de concurrence suffisant, notamment sur le marché des utilitaires. À ce propos, Carlos Tavares, patron de PSA et futur patron de Stellantis, répond que PSA et FCA ont réuni toutes les autorisations antitrust (ndlr : contre les comportements anti-concurrentiels) nécessaires pour la fusion.

La naissance d’un poids lourd
« Nous vivons la plus grande fusion dans l’industrie automobile depuis son origine », dixit Louis Gallois, président du conseil de surveillance de PSA, qui s’apprête à partir à la retraite au moment où le plus grand groupe automobile français fait sa révolution. Et pour cause, en unissant leurs forces, PSA et FCA devraient disposer d’une capacité de production globale estimée à quelque 8,7 millions de véhicules par an. De quoi placer Stellantis, donc, à la quatrième place des groupes de l’automobile en matière de production et même à la troisième place en termes de chiffre d’affaires. Les 14 marques ainsi réunies (PSA – Citroën, DS Automobiles, Peugeot, Opel, Vauxhall – et FCA – Fiat, Alfa Romeo, Lancia, Maserati, Abarth, Jeep, Chrysler, Dodge, Ram Trucks) réuniront plus de 400 000 salarié·es à travers le monde.

Au-delà de la réunion de forces vives, la fusion est aussi et surtout un outil stratégique et un moyen de survie tout trouvé pour deux groupes qui font face aux effets dévastateurs de la pandémie de la covid. Carlos Tavares s’était ainsi fendu d’une maxime prémonitoire en novembre 2020 : « Seuls les plus agiles, dans un esprit darwinien, survivront. » Comprenez que le pragmatisme est plus que jamais de mise. Grâce à la fusion, les marques de Stellantis vont réduire leurs coûts de développement et de construction et PSA va pouvoir se relancer sur le marché américain, pendant que FCA renforcera sa présence en Europe. Les deux constructeurs estiment le coût de leur union à 4 milliards d’euros. Jusqu’à présent, aucune fermeture d’usine n’est prévue.

Adam Belghiti Alaoui

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