Plan de relance européen, bientôt la fin de l’impasse

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Jusqu’ici ralenti et fragilisé par les vetos des uns et des autres et par les processus de décision de l’UE, le plan de relance des Vingt-Sept s’approche du consensus.

Le fameux plan de relance européen de 750 milliards d’euros, annoncé en grande pompe par les pays membres courant juillet, n’est pas encore sur les rails. La faute à des négociations qui durent et aux vetos de la Hongrie et de la Pologne qui n’apprécient guère les conditions d’attribution des fonds. Mais l’issue est proche, et les Vingt-Sept se dirigent vers un compromis. Et vers l’unité à l’approche du dénouement du Brexit.

« Historique ! » avait lancé Emmanuel Macron au moment de l’accord des pays de l’UE autour du plan de relance européen. Long et fastidieux système de décision et de compromis oblige, l’histoire patiente encore. D’autant plus lorsque la Pologne et la Hongrie ont utilisé leur droit de veto contre les 750 milliards d’euros du plan de relance et au nouveau budget communautaire (2021-2027) de 1 074 euros qui l’abonde. Le point de tension : le mécanisme de conditionnalité de versement des fonds européens au respect de l’État de droit, principe refusé par Varsovie et Budapest… Rien de nouveau sous le soleil et rien d’étonnant de la part du Président polonais Andrzej Duda et du Premier ministre hongrois Viktor Orban, tous deux issus d’une extrême droite très conservatrice, et pas vraiment regardante sur bien des fondements de l’État de droit. Pour autant, les deux frondeurs revoient leur position, et Andrzej Duda a confirmé, ce mercredi 9 décembre, qu’un « accord préliminaire » était « esquissé ». Les dirigeant·es européen·nes devraient s’économiser une crise diplomatique qui menaçait, un luxe qui ne se refuse pas en pleine pandémie et dans un contexte de bras de fer à rallonge avec le Royaume-Uni.

Le compromis est en marche
La « prise d’otage » du plan par la Hongrie et la Pologne aura duré trois semaines. Après une série de « clarifications » du texte et de garanties quant à l’emploi par les autres pays membres des nouvelles règles du jeu budgétaire, les réfractaires ont cédé. Non sans s’assurer qu’ils ne seront pas sanctionnés sans pouvoir en discuter au Conseil européen. Surtout, Pologne et Hongrie ont besoin du plan de relance, leurs économies ne vont pas se relancer toutes seules, ils ne pouvaient maintenir leur position frondeuse et minoritaire plus longtemps. Notamment face au tandem franco-allemand, une nouvelle fois proactif à l’échelle européenne. Les autres pays membres, tous favorables au plan de relance, n’auront pas cédé sur le point du respect de la démocratie et de l’État de droit. De là à dire que la Hongrie et la Pologne vont revoir leurs positions en la matière au sein de leurs frontières…
Les ministres français et allemand de l’Économie, Bruno Le Maire et Peter Altmaier, réunis à Berlin mercredi et jeudi, et décidément inséparables, ont coordonné les discussions du plan de relance. La coordination, maître mot répété, notamment face au Brexit et au défi climatique.

De défi en défi
À peine un compromis est-il trouvé qu’une autre querelle revient sur le devant de la scène. Et si l’en est une dont on ne distingue toujours pas le bout, c’est bien celle du Brexit. Pendant qu’un dîner « de la dernière chance » réunissait le Premier ministre britannique Boris Johnson et la Présidente allemande de la Commission européenne Ursula von der Leyen, les Vingt-Sept se préparent à un probable échec définitif des négociations. Pour rappel, le Brexit, déjà proclamé en début d’année 2020, doit entrer définitivement en vigueur le 1er janvier 2021. L’heure est donc à l’unité, sur le Brexit comme sur l’autre grand défi européen, le climat.
Sur ce front, les pays membres doivent signer prochainement la proposition de la Commission et s’engager pour accélérer la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, en visant l’objectif d’une réduction de 55 % à l’horizon 2050. Là encore, c’est avec des pays de l’Est que ça coince, à l’instar de la Pologne, grande productrice de charbon, qui réclame des contreparties. Une nouvelle période de négociations s’ouvre donc… à la recherche du compromis.

Adam Belghiti Alaoui

 

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