Le télétravail, une aubaine pour le tandem environnement-emploi ?

Travailler chez soi réduirait de 1,3 % les émissions de gaz à effet de serre.

Le bureau, lui aussi, victime de la covid-19 ? Très fortement encouragé par la – encore à cette heure – ministre du Travail, Muriel Pénicaud, le télétravail est apparu comme la principale échappatoire pour nombre d’entreprises qui souhaitaient poursuivre leur activité malgré les mesures de confinement.

Beaucoup de Français.es s’y sont habitué.es, au point de ne plus vouloir retourner sur leur lieu de travail. Une étude de l’Agence de la transition écologique, l’Ademe, révèle aussi les bienfaits du télétravail : une réduction des émissions de gaz à effet de serre et un tremplin pour l’emploi. Pourquoi s’en priver ?

C’est la révolution de ce confinement. On dit souvent que, dans chaque crise, il y a du positif à retenir. Le télétravail pourrait bien se présenter comme le grand gagnant de cette épreuve sanitaire. Plébiscité par nombre de Français.es : 71 % des télétravailleur.euses habituel.les souhaiteraient y avoir plus souvent recours, d’après une étude réalisée par le cabinet 6T.

Au-delà des initié.es, les actif.ves qui ont découvert le télétravail par obligation se montrent également satisfait.es : 76 % des primo-télétravailleur.euses voudraient poursuivre l’expérience post-covid. Avec, pour argument, un meilleur équilibre vie personnelle-vie professionnelle.

Une chance pour l’environnement ?
Télétravail rime-t-il avec moins de pollution ? D’après l’ex-Agence de la maîtrise de l’énergie rebaptisée transition écologique, travailler chez soi offrirait un « potentiel considérable de réduction de la mobilité avec des effets favorables sur la congestion et les émissions de gaz à effet de serre et polluants », a soutenu l’établissement public. En guise d’illustration, sur un potentiel de 35 % des actif.ves en télétravail ponctuel, les déplacements seraient réduits de l’ordre de 2,4 %, soit environ plus de 3,3 millions de déplacements évités chaque semaine.

Or, qui dit réduction du taux de congestion, dit chute des émissions de gaz à effet de serre. Environ 1,3 % de ces émissions générées par les voitures pourraient être évitées, toujours selon l’Ademe. Un vrai bol d’air pour l’environnement.

Et l’emploi ?
Si c’est bon pour l’environnement, ce sera néfaste à l’emploi. Pas si sûr. Le télétravail constituerait un levier aussi pour l’emploi. Pour rappel, environ 3/4 de la population active en recherche d’emploi témoignent de difficultés à s’insérer en raison des transports. Un temps de trajet trop long, un manque accru de transports en commun, certain.es renoncent à l’emploi pour un motif exogène. Une problématique que pourrait résoudre le télétravail.

Prudence malgré tout aux effets rebond. Le télétravail pousserait aussi les salarié.es à s’éloigner de plus en plus de l’emploi qu’ils/elles occupent. D’après l’Agence, 45 % des Français.es se retrouvent prêt.es à « choisir un lieu de résidence plus loin de leur emploi ». Gare à l’érosion des liens entre salarié.es au sein de l’entreprise. Une inquiétude partagée par Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, qui perçoit en la généralisation du télétravail « un danger pour le lien social », s’était-il positionné lors d’un déjeuner-débat le 30 juin. Mais un progrès sans concession existe-t-il ? GW

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