Jean-Loup Dabadie

Dans le sillage de Michel Piccoli dont il fut proche grâce aux films de Claude Sautet, disparaît un Français qui sublimait le français.

« Homme de lettres français ». C’est un rien court pour l’épitaphe de Jean-Loup Dabadie, né le 27 septembre 1938 dans le 14e arrondissement de Paris et mort le 24 mai à Paris aussi. Mais c’est aussi ce qui embrasse le mieux la carrière de journaliste, romancier, auteur de sketches et de chansons, auteur et metteur en scène dramatique, traducteur, scénariste et dialoguiste et… académicien (élu le 10 avril 2008) de cet écrivain compulsif.

Il avait de qui tenir : son père Marcel, on le sait peu, était parolier de Maurice Chevalier, des Frères Jacques, mais aussi, déjà, de Julien Clerc. Jean-Loup a pris la relève auprès du jeune Julien dès 1976 avec Le Cœur trop grand pour moi et, en 1978, Ma préférence, une chanson totem du compositeur. Suivront L’Assassin assassiné (1980), Femmes, je vous aime (1982), Je suis mal et Elle danse ailleurs (1997), entre autres.

Mais il n’écrit pas seulement pour lui. Du Dabadie se fredonne chez Reggiani (le Petit garçon, De quelles Amériques, 1970, L’Italien, 1971, Hôtel des voyageurs, 1972, Les Mensonges d’un père à son fils, 1972, Le Vieux Couple, 1972, La Chanson de Paul, 1975), Régine (Il m’a laissé deux cigarettes, L’Accident, Les Filles de la rue d’Amérique, 1970, Moi mes histoires, 1978.), Michel Polnareff (Tous les bateaux, tous les oiseaux, Ring a ding, etc.), Mireille Mathieu, Claude François, Marcel Amont, Michèle Arnaud, Barbara, Dalida (Le Clan des Siciliens, 1970), Juliette Gréco, Marie Laforêt, Dominique Walter… Sans oublier le célébrissime Maintenant je sais, dit par Jean Gabin, et quantité d’autres chansons, dont Chanteur de jazz pour Sardou.

Il est une histoire de la bonne chanson française à lui seul, comme du cinéma : le voilà coscénariste de Claude Sautet (Les Choses de la vie, César et Rosalie, Une histoire simple), Yves Robert (Clérambard, Salut l’artiste, Un éléphant ça trompe énormément, Nous irons tous au paradis), Claude Pinoteau (Le Silencieux, La Gifle, La Septième Cible), et François Truffaut (Une belle fille comme moi, 1972). Côté théâtre, ça donne La Famille écarlate et des adaptations françaises, Le Vison voyageur (1969), Madame Marguerite (1974) et Double mixte (1986).

Il avait 81 ans.

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