À bicyclette

Les Français.es et le vélo, une idylle naissante ?

Exit la voiture individuelle ou même les transports en commun. Dans un pays qui vit sa deuxième semaine de déconfinement, les Français.es jettent franchement leur dévolu sur les vélocipèdes – comprenez vélos –, pour leurs trajets quotidiens. Boom des ventes, nouveaux utilisateurs, soutien de l’État, retour sur le « phénomène vélo » qui a envahi la France ces dernières semaines. Effet transitoire ?

L’État a changé de braquet
Que les passionné.es du Tour de France se rassurent. Si, certes, la Grande Boucle a été repoussée cette année au 29 août, le vélo n’est pas complètement relégué. Il pourrait même jouer la grande reine des multiples moyens de transport durant le déconfinement. D’abord parce que l’État a enfin décidé de changer de braquet.

Pour rappel, la ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, avait annoncé, il y a quelques semaines déjà, un « plan vélo », constitué d’une enveloppe de 20 millions d’euros en vue d’accompagner la pratique de la bicyclette à l’heure du déconfinement. L’objectif ? Désengorger les transports en commun et limiter les embouteillages de voitures. Si en plus d’une crise économique, on s’octroyait le droit d’échapper à une crise climatique…

Dans ce sens, le gouvernement a prévu un chèque de 50 euros remis à tous les particuliers qui décident de faire réparer leurs vélos. Une initiative bien reçue par la population. Les propriétaires de clous à réparer se sont rués sur la plate-forme coupdepoucevelo.fr (la date limite est fixée à décembre 2020).

Plus de 200 mécanicien.nes vélos seront formé.es
Le vélo a le vent en poupe. De là, la formation doit suivre. C’est pourquoi durant les prochains mois, des mécanicien.nes vélos seront formé.es. Combien ? 250 sont annoncé.es, une mesure qui va de pair avec l’engagement d’Élisabeth Borne à inciter les citoyen.nes à appuyer sur la pédale : « Il y a un déclic vélo pour de très nombreux Français.es depuis le début du déconfinement. Je souhaite continuer à nourrir ce mouvement de société », avait-elle déclaré. Une formation qui devrait s’intensifier dès l’année prochaine, puisque ce ne sont pas moins de 500 mécanicien.nes certifié.es qui seront formé.es chaque année. Un vrai coup d’accélérateur pour l’emploi. En parallèle, les entreprises ont aussi leur rôle à jouer. Elles pourront verser à leurs salarié.es qui optent pour le vélo ou même le covoiturage un forfait « mobilités durables » jusqu’à 400 euros par an.

Qui dit nouveaux utilisateurs dit boom des ventes
Trois millions, c’est le chiffre estimé du nombre de cyclistes au quotidien en France. Il pourrait bien exploser. Pour les plus réticent.es d’entre nous, le manque de praticabilité ne sera plus une excuse. De nombreuses pistes cyclables sont aménagées dans l’hexagone, et notamment à Marseille où neuf kilomètres supplémentaires sont prévus, réservés aux deux-roues (vélos et trottis). L’enfermement durant ce confinement aura fait naître des adeptes. Si les sportif.ves n’ont jamais été aussi nombreux.ses en France que durant le confinement, c’est bien pour exprimer cette envie de grand air et de liberté. Pas un hasard dès lors si l’enseigne Go Sport estime l’augmentation de la vente de vélos sur le Web à 300 % pendant le confinement. Les Français.es avaient besoin de se projeter, leur retour à la vie normale passait, entre autres, par un changement d’habitudes. Reste à savoir si ce bouleversement relève d’un changement profond et durable ou s’il représente simplement un syndrome post-traumatique.

Geoffrey Wetzel

La gestion des pistes cyclables nées quasi spontanément dans les cités donne lieu à des arbitrages municipaux pour le moins clochemerlesques. En témoigne Marseille qui vient, en une nuit, de détruire une bonne partie des pistes créées à la hâte pendant le confinement. Au matin, les nouveaux rouleurs à deux roues se sont vus rejetés sur des axes rendus aux autos. L’édile s’en est expliqué : les deux-roues à moteur s’étaient imposés et rendaient la circulation à pédales dangereuse (parce que, sans doute, mêler les vélos à la circulation ne l’était pas…). Autre son de clochemerle de la part des automobilistes revenus en force : on était réduits à la portion congrue, c’était inacceptable. Pas de doute, à Marseille, les autos électrices pèsent plus que les vélos électriques dans les urnes… Coût de la création/désaffectation, 30 000 euros. OM

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