Le millefeuille administratif français ne brille pas par sa légèreté : 27 régions, 101 départements, 4055 cantons, 2581 communautés de communes et 36767 communes. Une friandise très calorique administrée par 1,921 million de personnes (dont 1,81 million de fonctionnaires) dont un paquet d’élus : 2040 conseillers régionaux, 4042 conseillers généraux, 36767 maires et 519417 conseillers municipaux. Auxquels on peut ajouter environ 38000 élus intercommunaux, pour aboutir à environ 600000 élus au total, soit environ un pour 100 habitants. Une représentativité démocratique exemplaire, digne des plus illustres cités-Etats grecques… mais qui coûte cher. Selon le député apparenté PS René Dosière, ces élus du peuple percevraient 1,4 milliard d’euros d’indemnités.

La réforme de l'organisation territoriale
La réforme de l’organisation territoriale

En période de frugalité budgétaire, l’Etat espère s’amincir en allégeant son millefeuille administratif. A défaut d’y être parvenu, il n’a pas lésiné sur les rapports. Ainsi, en 2007, le régime du docteur Balladur préconisait de fusionner plusieurs régions pour n’en garder qu’une quinzaine, de supprimer les cantons et de créer onze grandes métropoles appelées à remplacer les conseils généraux de leurs départements. En 2008, le professeur Attali conseillait à son patient de supprimer les départements, et en octobre 2013, le docteur Raffarin lui délivrait une ordonnance pour descendre à huit ou dix régions d’ici dix ans.

Peu favorable à ces réformes lorsqu’il était dans l’opposition, François Hollande a fini par se rallier à la cause le 14 janvier dernier, déclarant à l’occasion de sa conférence de presse : « Notre organisation territoriale devra être revue » pour « en finir avec les enchevêtrements, les doublons et les confusions » de compétences. « Les collectivités seront (…) invitées à se rapprocher. Les régions d’abord, dont le nombre peut (…) évoluer ». Quant aux départements, ils « devront redéfinir leur avenir dans les grandes zones métropolitaines ».

Mais pour mener cette réforme à bien, le gouvernement devra faire face à des oppositions venues de tous bords. Des élus, d’abord, pour qui moins de collectivités signifiera moins de sièges et qui, reprenant les mots de César, feront valoir qu’ « on peut gouverner de loin, mais on n’administre bien que de près ». Et de certains citoyens, ensuite, attachés à leurs territoires et inquiets de les voir absorbés par des aires d’influence plus importantes. A ces derniers, on pourrait rétorquer que les départements n’ont qu’un peu plus de deux siècles et que pour assouvir leur besoin de terroir, il restera toujours les AOC.

Article réalisé par Aymeric Marolleau

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