“Directeur du bonheur”

Vous ne savez plus vous extirper du lit sans vous faire extrêmement violence. Souvent votre moitié vous souhaite bon courage plutôt que bonne journée. Vous vous réconfortez comme vous le pouvez dans une orgie de sucreries et junk food, une fois seul(e) et dès le soir venu… Autant de petits signaux qui peuvent vous laisser penser que vous n’êtes pas heureux(se) au boulot. Peut-être n’êtes vous pas simplement dans la bonne entreprise, celle qui a déjà nommé ou qui recherche un CHO (Chief Happiness Officer, à destination des salariés et non pas à destination des clients comme le laissent supposer de nouvelles appellations de poste qui peuvent prêter à confusion mettant le bonheur à toutes les sauces tels que préparateur et distributeur de bonheur au lieu de dire préparateur-livreur de commande, responsable bonheur client…

Les entreprises et les organismes qui font du bonheur un indicateur non négligeable de la performance en entreprise se multiplient. Great Place to Work ou encore la Fabrique Spinoza, un think tank dédié, Google, McDonald’s, Payname en sont autant d’exemples. Il y a même mieux. Le bonheur serait une des composantes de l’ADN de la culture start-up en France. D’ailleurs, et pour changer, le poste aurait été créé selon la légende dans la Silicon Valley.

Le but du poste ? Faire arriver le collaborateur avec le sourire et le lui faire garder durant sa journée de labeur. Les missions du CHO sont donc multiples : identifier les problèmes vécus par les salariés, proposer des activités de détente en interne : yoga, karaoké, sophrologie, séances de massage, etc., veiller à l’intégration des petits derniers, veiller à l’entretien et à la convivialité des espaces de travail, mettre en place une culture de travail sereine et positive… Vous l’aurez compris ces missions sont à la croisée des genres. Les tous premiers CHO sont d’ailleurs issus de la communication, des RH, de l’événementiel, de la fonction commerciale. Aucune école ou université ne se sont pour l’instant risquées à créer un cursus dédié. D’autant que les mauvaises langues pensent – à tort ? – que cette tâche incomberait aux RH. Notons pour finir que ces pratiques conviviales présenteraient aussi des inconvénients. Exemple chez Google, où les repas sont offerts à la famille du collaborateur qui reste tard le soir. Mais qui rêve en 2017 de manger son bento entre les murs gris et la lumière blafarde de son bureau en compagnie de sa moitié ?

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