Rôle et accessibilité de Croissance Plus

Des rassemblements pour mieux répartir le gâteau...
Des rassemblements pour mieux répartir le gâteau...

Distributeurs de fruits

20 ans de combat et de lobbying pour la compétitivité des entreprises, le partage des fruits de la croissance et une réconciliation patrons/salariés…

Paris, 8e arrondissement, 33 boulevard Malesherbes. À dix minutes de l’Assemblée nationale, à deux pas de l’agence de com’ Ipanema qu’il préside, c’est Jean-Baptiste Danet, président de Croissance Plus depuis juillet 2016, qui reçoit, ponctuel, remonté contre le « débat présidentiel pathétique » du moment et un poil lyrique. « Nous sommes la seule association patronale qui dit qu’elle est pour la croissance qui permet de répartir la manne avec les collaborateurs au-delà d’un minimum légal. Ce que j’entends sur l’entreprise est affligeant, toutes ces pensées passéistes qui opposent salariés et entrepreneurs, alors que l’on devrait encourager la créativité… », plante cet ancien de chez Philips et Thorn Emi, devenu DG de Dragon Rouge avant de rejoindre Ipanema. Croissance Plus ? Des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, de l’industrie, des transports, des services, du conseil, des nouvelles techno, de la communication , où l’on retrouve pêle-mêle Kiloutou, Michel et Augustin, Coursiers.com, Coriolis Telecom, Direct Energie, ou encore L’Atelier des Chefs. « L’entreprise vit dans un milieu contraint de développement et d’emploi. Or, il est évident que nous devons trouver cette conciliation entre entreprise et salarié. Nous avons choisi le combat positif. Ne pas peser, c’est renoncer. L’entreprise doit reprendre le manche là où l’État ne remplit pas son rôle. C’est la culture générale qui manque dans le débat de la France d’aujourd’hui. Or, c’est l’accès à l’épanouissement et la réussite dans la vie. »

Lobbying décisif sur le CIR

Hugues Souparis a réussi en tant qu’entrepreneur. P-Dg. de Surys (ex-Hologram Industries), il a rejoint Croissance Plus en 2001, quatre ans après sa création par Denis Payre, fondateur de Business Objects et Kiala. « J’avais créé Hologram Industries en 1984, qui avait été introduit en Bourse en 1998. Nous avions alors 70 collaborateurs pour un CA de 15 à 16 M€. Des moyens financiers significatifs après un parcours start assez long (sourire), et l’envie de croiser d’autres patrons. Je n’étais pas fan du Medef, trop sclérosé, et j’avais envie de participer à ce combat sur le partage des fruits de la croissance, dans un esprit différent des “hurluberlus” du CAC 40 qui ont fait des dispositifs exigeant de gagner plus. J’avais aussi envie d’expliquer pourquoi, socialement, il est important de faire avancer ces idées. J’ai participé aux dîners, aux déjeuners, à nos Spring Campus, rencontré des hommes politiques, de grands entrepreneurs, des syndicalistes. Quand Surys est devenue plus grande (spécialisée dans l’authenticité et la protection de documents, l’entreprise compte 380 collaborateurs dont 275 en France et 70M€ de CA, NDLR), j’ai accepté de faire partie du comité directeur de cette association qui a une âme. » Trois mandats et la présidence de la commission R&D qui lui ont permis un vrai lobbying, autour du Crédit impôt recherche (CIR) notamment. « Être un outil pour les entrepreneurs, faire passer des messages auprès des pouvoirs publics, servir de caisse de résonnance, donner ses idées, un peu de temps de travail et voir ses propositions reprises en texte de loi, ce sont des satisfactions sur des choses concrètes. Comme contribuer à corriger l’image de l’entrepreneur trop souvent suspect, alors que c’est le même dont on salue le courage quand il monte sa boîte. »

Croissance Plus a ses exigences : parrainage d’un membre, CA ou effectif en forte croissance, association des salariés aux résultats de l’entreprise, démarche RSE.

Si ses dirigeants assument d’être un réseau, « pas question de venir faire du business, sans aider au développement de Croissance Plus. Il s’agit d’un partage de culture pour faire avancer l’entreprise. »

Une jauge à 400 membres

L’association plafonne volontairement le nombre de ses membres autour de 350-400, même si elle revendique 60 à 70 nouveaux adhérents depuis six mois. Lara Pawlicz, CEO de 2Spark, 15 salariés, l’a intégrée en janvier dernier. « Je suis une primo-entrepreneure. 2Spark a six ans et, passés les premiers stades pour lesquels il existe énormément de ressources, j’ai ressenti le besoin de côtoyer des entrepreneurs qui ont déjà été confrontés à ce que nous avons à gérer maintenant : de la croissance, en termes de collaborateurs, de marché, de levée de fonds aussi. Une ressource plus “leader” en somme, plus technique aussi sur les points clés à gérer dans notre développement. Le plus important pour moi était la dynamique et la présence de personnalités hétérogènes pour justement rester ouvert sur l’extérieur, et aussi qu’il s’agisse d’un mouvement apolitique. » Membre du réseau des Pionnières et de BNP Paribas, c’est cette dernière, partenaire de Croissance Plus (comme KPMG et Jeausserand&Audouard), qui l’a invitée une première fois. Elle a, depuis, découvert les sept groupes de travail. « Je suis jeune dans ma fonction de patron d’entreprise et j’ai encore plus à apprendre qu’à apporter dans ces commissions. Mais, si je dois faire avancer un combat, ce serait celui des contrats de travail. J’ai passé 15 ans aux États-Unis et j’ai vu comment un contrat plus souple, rénové, permet le développement, en assurant un équilibre entre le salarié qui veut garder son job et l’entreprise qui n’a pas intérêt à perdre les bons éléments, les gens qu’elle a souvent formés, sur lesquels elle a investi. » Croissance Plus a édité, en février, « L’urgence de la réforme, 70 propositions à destination du futur Président ». « Il est vraiment temps de créer et de donner de l’épaisseur au débat, souligne Jean-Baptiste Danet. Cela ne veut pas dire qu’il est nécessaire de s’agiter. On peut aussi prendre un bain et lire un livre, cela permet de connaître son histoire. »  À bon entendeur.

Olivier Remy

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