Les fonds en euros restent un incontournable chez les investisseurs, mais la baisse des taux d’intérêt pèse sur le rendement de ces produits. Pourtant certains d’entre eux, basés sur des stratégies plus risquées, parviennent à sortir du lot…

Il existe toujours un épargnant plus malin que les autres...
Il existe toujours un épargnant plus malin que les autres…

Après une année 2012 catastrophique, durant laquelle les retraits ont atteint des niveaux record, l’assurance-vie confirme son rebond opéré l’an dernier. Depuis le début de 2014, la collecte affiche une balance positive de plus de 4 milliards d’euros. Et pour cause : l’autre « placement préféré des Français » avec le livret A présente des avantages indéniables : sa fiscalité reste l’une des plus avantageuses du marché, et son régime successoral est sans comparaison avec les autres placements. Les fonds en euros représentent la grande majorité des sommes collectées : en 2013, environ 85% des 1500 milliards d’euros placés en assurance-vie ont été misés sur ce type de contrats. Non sans raison : les fonds en euros offrent la sécurité d’un capital garanti, même en cas de coup de tabac sur les marchés.

Cette sécurité absolue a de quoi séduire les investisseurs échaudés par la débâcle financière qui a suivi la crise de 2008. La contrepartie est un rendement forcément plus réduit que sur des placements sans garantie. Ainsi, les fonds en euros ont rapporté 2,7% en moyenne en 2013. Mais ces rendements peuvent varier fortement d’un contrat à l’autre : certains plafonnent à 1,4% à peine quand d’autres dépassent 4%. S’il est impossible de connaître à l’avance le rendement futur d’un fonds donné, les performances passées peuvent se révéler représentatives dans une certaine mesure. « Pour ma part, je me fie en général au rendement moyen des cinq dernières années qui permettent d’avoir une idée des performances à long terme », confie Guillaume Eyssette, conseil en gestion de patrimoine chez Fiducée Gestion Privée.

 

En quête de dynamisme, mais de risque mesuré

Les taux de rendement des contrats grand public des banques sont généralement relativement peu compétitifs, tournant autour de 2,5%. En revanche, celles-ci proposent souvent à leur clientèle aisée des contrats haut de gamme, disponibles à partir de certains montants sous gestion. Le contrat Cachemire de la Banque Postale est ainsi accessible à partir de 25000 euros. L’an dernier, celui-ci affichait un rendement de 3,1% net de frais de gestion. Certaines mutuelles se distinguent sur ce marché avec des taux plus intéressants, comme la MIF (Mutuelle d’Ivry-La Fraternelle) qui a dépassé les 3,8% en 2013.

Pour dépasser les 4% tout en conservant la garantie du capital, les investisseurs peuvent se tourner vers les fonds dits « dynamiques ». Ceux-ci sont investis dans des produits traditionnels dans une proportion pouvant varier de 70 à 90%, le reste étant placé dans des valeurs plus risquées. « Avec la baisse des taux d’intérêt, les obligations, dont sont constitués les fonds en euros, rapportent de moins en moins. Le fait d’intégrer une partie en actions permet d’aller chercher de la valeur et de faire augmenter le rendement », analyse Antoine de Dadvisard, président du directoire de Matignon Finance. Le fonds Eurocit’ d’AG2R La Mondiale a ainsi dépassé l’an dernier le seuil de 4,5% net de frais. Si ces produits affichent des possibilités séduisantes, il y a toutefois une contrepartie : en cas de baisse des marchés, le rendement peut être nul. « Lorsque les fonds traditionnels rapportent 3,5%, les fonds dynamiques peuvent dépasser les 5%. Mais sur une mauvaise année, comme 2011 par exemple, le rendement peut tomber à zéro », explique Antoine de Dadvisard. Attention aussi aux contrats affichant des taux de rendement très intéressants en contrepartie de frais sur versement ! Ceux-ci peuvent sérieusement amputer les performances nettes.

 

La pierre-papier, une alternative moins risquée

Autre alternative : les fonds à dominante immobilière. Ils laissent de côté les obligations pour investir dans l’immobilier. Les acquisitions portent généralement sur des immeubles de bureaux ou des commerces, et sont réalisées par le biais de Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). C’est la fameuse « pierre-papier ». L’intérêt est de bénéficier à la fois des avantages fiscaux de l’assurance-vie et du rendement du marché immobilier, qui peut dépasser 6% brut. Et là encore, le capital est garanti. Le tout sans les contraintes propres à la location : sélection d’un locataire, gestion des travaux, recouvrement des impayés… Le contrat SéréniPierre, distribué par Primonial, a ainsi rapporté 4,15% net de frais de gestion en 2013. Moins volatils que les fonds dynamiques, les fonds à dominante immobilière ne sont pas totalement exempts de risques : ils peuvent par exemple être exposés à une éventuelle crise immobilière qui pourrait déboucher sur une réduction de la valeur du portefeuille, voire une augmentation de la vacance locative.

 

Vérifications cruciales en amont

En fonction du profil de l’investisseur et de son appétence au risque, les gestionnaires recommandent en général un mix entre fonds en euros traditionnels, gestion dynamique et pierre-papier pour trouver du rendement tout en assurant une croissance non nulle en cas de baisse des marchés. Mais le couple risque-rendement n’est toutefois pas le seul critère à prendre en compte dans le choix d’un contrat d’assurance-vie. Les investisseurs cherchant une gestion dynamique s’intéresseront ainsi à la qualité du back-office : accessibilité des comptes sur Internet, réactivité du service client, efficacité du traitement des opérations en cours de contrat… Les conseillers en gestion de patrimoine recommandent surtout de s’intéresser aux possibilités de diversification. « Il faut impérativement éviter de se trouver enfermé dans un contrat qui ne propose que d’autres fonds de la même compagnie », conseille Antoine de Dadvisard. « Il est crucial d’avoir accès à un large choix d’autres fonds. Il faut garder à l’esprit que l’investisseur peut avoir besoin d’un fonds en euros à un instant T, mais avoir ensuite besoin d’un autre produit, éventuellement commercialisé par une autre compagnie d’assurance », abonde Guillaume Eyssette. S’il est relativement peu fréquent de rencontrer ce type de blocage, il est toutefois important de vérifier ce point au moment de souscrire un contrat..

 

Article réalisé par Ronan Penetti

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