La lumière urbaine, envisagée différemment aujourd’hui, est synonyme de nouveaux services. Citelum est devenu un acteur incontournable non seulement en France, mais aussi à l’autre bout de la planète. Lumière…

Une société qui rayonne à Londres...
Une société qui rayonne à Londres…

Désormais, la lumière en milieu urbain n’a plus grand-chose à voir avec l’éclairage public tel qu’il était envisagé pendant la quasi totalité du XXe siècle. Dans la foulée du premier Plan Lumière adopté à Lyon, en 1989, un nouveau marché est apparu, qui constitue aujourd’hui le cœur d’activité de Citelum. Créé il y a 21 ans, le groupe présidé par Michel Tesconi fonde le sens de son action sur le projet urbain de la lumière dans son ensemble. Mais pas seulement. « En fait, nous sommes des spécialistes des équipements électriques urbains, explique le président de Citelum. Nous intervenons en temps que gestionnaires de référence des services publics locaux dans les domaines de la lumière urbaine et de la gestion des déplacements. » Son groupe gère ainsi des installations d’éclairage public, de mise en lumière, de signalisation lumineuse tricolore, mais il déploie et exploite également de nouveaux équipements électriques urbains tels que des bornes de recharge de véhicules électriques, des réseaux de vidéoprotection, des radars de feux… « J’ai mis le développement durable, dans ses dimensions économique, sociale, culturelle et environnementale, au cœur de notre offre de services », affirme-t-il.

Citelum invente le SDAL

Cette approche visant à l’exhaustivité est en quelque sorte l’élément différenciant sur lequel repose la démarche de Citelum. « J’ai inscrit notre stratégie dans une démarche globale par rapport à la dimension lumière, et pas de façon sectorisée, poursuit-il. Il existe des entreprises qui interviennent sur l’éclairage public et les réseaux ; d’autres, concepteurs lumière, sont des spécialistes de la mise en valeur de sites majestueux ; Citelum se distingue en prenant en charge toute la chaîne de valeur, de la conception à l’exploitation. » Cette stratégie en a fait l’artisan de nombreuses innovations de la dernière décennie dans l’informatique de maintenance, la télégestion au point lumineux et le développement des usages du réseau électrique au profit des équipements urbains. Pour cela, dès les premières approches sur une ville, Citelum se penche non seulement sur son urbanisme, mais aussi sur sa géographie, son histoire, sa sociologie… Toutes les dimensions sont prises en compte, pour proposer ce que Michel Tesconi a baptisé le SDAL, autrement dit : le schéma d’aménagement lumière. Celui-ci intègre à la fois l’éclairage fonctionnel, c’est-à-dire l’usage, et l’éclairage artistique, qui porte la notion d’image. « Dans une rue où sont présents des bâtiments emblématiques, qui bénéficient d’une mise en lumière artistique, il faudra moins forcer sur l’éclairage public. Mais nous adopterons la démarche inverse dans une rue où le seul éclairage est à vocation d’usage. »

Un rayonnement dans plus de 20 pays

Si, en 1993, à sa création, Citelum s’est avant tout concentré sur le marché français, cette stratégie hexagonale s’est depuis bien longtemps effacée derrière des ambitions internationales revendiquées par son président. Désormais, le groupe dispense son savoir-faire aux quatre coins de la planète. « Nous sommes présents dans une vingtaine de pays et seulement 500 de nos 3800 salariés sont aujourd’hui installés en France. Le Brésil, où nous employons 800 personnes, constitue notre plus grosse implantation », souligne d’ailleurs Michel Tesconi. Le groupe est ainsi présent dans de nombreuses « villes lumière » dont Mexico, Madrid, Barcelone, Paris, Santiago, Prague, Venise, Naples, Shanghai, Vientiane, Pékin, Salvador-de-Bahia, Hô-Chi-Minh-Ville… Pour jouir de la même réputation dans toutes ces cités, Citelum s’est efforcé d’apprendre à lire l’écriture lumière de chaque pays. « La sensibilité à la lumière urbaine est différente en fonction des continents voire des pays. En Chine, par exemple, on aime les mises en lumière très colorées, alors qu’en France on préfère les éclairages plus sobres. Au Mexique, on est un peu à mi-chemin : on aime les mises en lumière colorées, mais moins ostentatoires qu’en Chine. Tout le travail consiste donc pour nos équipes à s’adapter à l’atmosphère de chaque pays, de chaque ville. Ainsi Prague et Venise, deux cités aux façades aussi chargées d’histoire, reposent sur des ambiances totalement différentes. La lumière doit donc s’exprimer différemment. » Au gré de sa croissance internationale, Citelum a finalement constitué des équipes projets aux quatre coins du monde. « Nous avons notamment une quinzaine de concepteurs lumière chinois à Shanghai », souligne-t-il. Certaines terres, en revanche, restent encore à défricher. Ainsi, les pays du Golfe n’ont pas encore cédé aux démarches de Michel Tesconi et de ses équipes. « Nous avons juste mené quelques projets artistiques à Dubaï et au Qatar, mais aucun projet urbain global », confirme-t-il. Les pays nés de l’éclatement de l’ancienne URSS, la Russie mise à part, et la quasi totalité du continent africain restent aussi des terres de conquête à envisager. « Pour l’heure, tous les pays ne nous intéressent pas, prévient cependant le président de Citelum. La totalité de nos clients sont des collectivités locales ; nous sommes donc très attentifs à la sécurisation des paiements. Or, dans certains pays, ils ne sont pas assurés. » Un contretemps qui n’inquiète nullement Michel Tesconi, car les perspectives de croissance restent bonnes. Même si l’exercice 2013 s’est achevé légèrement en retrait sur le précédent, à 290 M€ de chiffre d’affaires. « Tout dépend des appels d’offres que nous gagnons, explique-t-il. Certaines villes, en France, vont totaliser 5000 points lumineux, pendant que d’autres, en Inde, iront jusqu’à 150000 points lumineux. » Un grand écart comparable à celui que Citelum pourrait être amené à gérer, si le groupe décroche l’appel d’offres auquel il vient de répondre à Sao Paulo. Objectif : 500000 points lumineux..

 

Article réalisé par Jacques Donnay

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