En 2015, les verbes sont à l’image d’une année marquée par le terrorisme mais aussi les urgences climatiques. Il ne s’agit pas de survivre mais de « revivre ».

Verbes, 2015, Jane Bee
Verbes, 2015, Jane Bee

Sauver en « re » majeur

Depuis 2008, le verbe « sauver » est très présent dans l’actualité sémantique. 2015 n’a pas fait exception à la règle puisque le « sauver » forme une galaxie en haut à gauche de la toile. Il est même question de « sauver  la Terre ».

Ce qu’il faut noter dans cette omniprésence de « sauver », c’est qu’il draine avec lui des verbes en « re ». « Re » comme s’il était possible de faire de notre monde une page blanche pour recommencer une autre histoire. Comme s’il était possible de remettre les compteurs de l’incertitude à zéro. Voici donc alignés : « relancer », « reconquérir », réinventer », « revivre », « refonder », reformer », « repenser». Ce type de mots en « re » s’applique aussi bien à la société qu’il faut « refonder », qu’à notre capacité à « revivre » après les carnages terroristes. Quant au « reconquérir », il possède des accents guerriers mais il est employé comme une arme de concorde. L’objectif est en effet de « reconquérir » grâce aux valeurs républicaines les espaces délités par des idéologies destructrices.

 

Résister

A côté de « sauver », on remarque la forte présence de « résister ». « Résister » est en fait le verbe de 2015. C’est une résistance de tous les instants qui se conjugue en mode « Je résiste ». « Résister » provient du latin « resistere ». Il suggère l’idée de « faire face ». Le « résister » voisine avec le « rebeller ». Se rebeller contre ce climat qui nous incite à nous replier et à avoir peur.

Si l’on résiste, c’est aussi pour trouver un nouveau souffle. Alors, nous sommes gagnés par une volonté de « ranimer » la république, de « restaurer » une forme de quiétude, de « recréer », « repenser ».

« Recréer » et « repenser » car il faut avoir à l’esprit que 2015, c’est aussi l’année de la « COP21 », des urgences climatiques. Le orange qui orne le fond du tableau évoque ce réchauffement de l’atmosphère qui appelle des solutions nouvelles. Le « recycler » n’est plus une option mais une ardente obligation.

 

Réécrire le monde

Entre la guerre contre Daesh et le climat déréglé, c’est une mission presque impossible et pourtant vitale qui s’impose à la France. Il est temps de « réécrire le monde ». L’alerte est telle qu’il faut se « réveiller ». Un réveil qui passe par le hashtag « #ToutChanger ». Ainsi, on voit fleurir le « changer » et le « réformer », « réintégrer », « redémarrer ». « Redémarrer » aussi pour que l’économie redevienne un moteur de croissance.

Savoir être dans la résilience, « rebondir », « se réorganiser » et pourquoi pas « se renforcer ». « Ubériser » s’impose et annonce cette nouvelle façon de consommer où le lien direct entre producteurs et consommateurs se précise grâce au numérique (ou à cause).

Les verbes de 2015 son traversés par trois mouvements : celui des verbes en « re », celui du verbe « sauver » et enfin l’influence du « changer ».

Une farouche volonté de déraciner le pessimisme est palpable. Nous sommes en position d’acteurs, mais l’avenir ne sera pas une fiction. « Se reconstruire » et « réparer la république » serait le dénouement parfait.

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