A la faveur de la COP 21, opérons un arrêt sur image. Si l’on prend le temps d’observer les mots du réchauffement climatique récoltés, de tableaux en tableaux, depuis près de cinq ans, quel paysage sémantique s’offre à nous ?

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Il était une fois «éco» !

Retour vers le passé. En 2008-2009, la consommation responsable se glisse peu à peu dans le quotidien. Pour signifier que le mouvement est en marche, le fameux «éco» d’écologie envahit le vocabulaire. Nous voici dans «l’écoconduite», «l’écotourisme»… Il s’agit même de savoir si nos gestes ou si notre consommation est «écocompatible». «Écomobilité» vient aussi à la rescousse. Le concept aura du mal à passer dans le langage de tous les jours pourtant il désigne un enjeu quotidien constant : satisfaire son besoin de mobilité sans polluer !

Durable ou responsable ?

Parallèlement à ce passage en mode « éco », on assiste à une cohabitation entre « consommation durable » et « consommation responsable », « marketing durable » et « marketing responsable ».

Le «durable» suggère que tous nos actes peuvent ou non contribuer au durable de ce monde.

Le «responsable» s’interroge sur notre responsabilité de consommateur ou d’entreprise. Sommes-nous responsables de ce que nous consommons, en privilégiant ce qui a le moins d’impact sur l’environnement ? «Responsable» gagne ce duel sémantique. Il est peut-être moins culpabilisant que «durable». Il nous met en posture de «consom’acteur» !

Ethique en ligne d’avenir

2011, une révolution verte qui se répand. Elle est palpable dans les discussions d’experts et les messages brandis par les associations. Ces dernières évoquent la consommation «éthique» ou «équitable». Acheter «éthique», c’est respecter une certaine morale. Désirer être dans la «consommation équitable», c’est avant tout être militant en cherchant l’égalité. Etre certain que les petits producteurs ne seront pas lésés par les gros distributeurs. «Equitable» et «éthique» se confondent souvent. Ils décrivent une vision de l’économie non fondée sur l’unique boussole de la rentabilité !

 

Climat et vigilance orange

«Fukushima» cristallise toutes les apocalypses possibles pour un monde saturé, fatigué, épuisé, une terre surexploitée. Nous ne sommes plus dans les temps des beaux discours mais dans la réalité.

Le «réchauffement climatique» souligne en effet les limites de l’homme. Incapable de faire face aux «réfugiés climatiques», aux folies de la météo : «flots meurtriers», «tsunami», «mer qui monte», «avalanche», «tornade», «feux». Le spectacle est désolant.

Peu à peu «les climatosceptiques» perdent du terrain. «Alerte orange sur la Terre», après l’échec du sommet de Rio et la planète gronde. «Ouragan, feu, cyclones, inondations, tempêtes» sonnent le glas de l’indifférence de tous ceux qui ne croient pas que la Terre est en «surchauffe» ! La nature nous rappelle à l’ordre.

Sur ce ciel en perte de repères, d’autres nuages pèsent. Ceux des «allergies alimentaires», ceux de «l’air pollué» irrespirable.

Face aux «platisphères», océans peuplés de sacs plastiques, l’homme sera-t-il au rendez-vous de la survie que lui fixe la planète bleue ?

Jeanne Bordeau

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