“Changer”, “Sauver”, “Simplifier” sont des verbes phares de l’année 2014. Ils témoignent de cette époque où, face aux incertitudes politiques, économiques et écologiques, il existe une volonté de “Repenser”. Les verbes sont les acteurs en mouvement de l’histoire !

Verbes, Jane Bee, Sauver, 2014
Verbes, Jane Bee, Sauver, 2014

Verbes en remède de la rudesse

Quand le monde semble à bout de souffle, le verbe peut apparaître comme un remède. Voilà pourquoi le “re” devient le commandant de ces mots qui doivent symboliser le renouveau. Il est alors question de “restaurer”, “repartir”, “rebondir”, “réinventer”, “reconstruire”, “revitaliser”, “relancer”, “se renouveler’’, “reconfigurer”, “réunifier”, “redonner”.

C’est ce même état d’esprit qui place au premier plan “réveiller”. Réveiller la croissance. Oui mais, si on insiste encore sur tout ce qu’il faut “débloquer”, il reste la réalité.

Cette réalité imprime l’idée de protection et de préservation. “Défendre”, “éradiquer”, “le djihadisme”, “lutter” et “combattre” procèdent d’un vocabulaire guerrier.

Il s’agit encore et toujours de “survivre” !

 

Le contraste de l’avenir

Dans une société où triomphent hashtag et numérique, “innover” capte toujours autant l’attention. Seulement les faits ont toujours le dernier mot. Et quand le corps social n’est pas prêt, les projets sont “torpillés”.

Cela pourrait s’avérer surprenant de croiser “torpiller” dans une séquence où “réformer” se taille la part du lion dans les discours des décideurs politiques et économiques. Mais qu’est-ce que “réformer” peut signifier ?

Crise de sens puisque tout en songeant à “changer”, on est conscient de devoir “sauver”.

 

Du jeu de mots tendance

2014 aura remis au goût du jour le verbe “valser”. Il est directement relié à la nomination de Manuel Valls. Il s’est imposé peu à peu puisqu’en 2014, tout a “valsé”. Même les grands patrons !

Ce “valser” nous ramène à ce monde qui bouge ou plus exactement à cette période qui ne cesse de se “reconfigurer”. On se “reconfigure” comme l’on peut et l’on espère trouver des ressources de croissance. Ce qui pourrait durablement “rebooster”, “redresser” et même “revivifier” les entreprises.

Dans un univers qui est “connecté”, on passe son temps à “inventer”. Cela va-t-il suffire pour “performer” ? Mais à quel prix ? Car, changement climatique oblige, il faut “innover écolo”, “dépolluer”….

 

L’échappée verbes

Ici se cristallise la violence du “mourir” ou la précarité du “décrocher”. On rêve de “travailler”. Parce que l’équation du futur est truffée d’inconnue, on tente de “contrôler”, de “piloter”.C’est un monde où tout est “accéléré”.Alors c’est l’échappée verbes. On a soif de “déstresser “, de “concilier” pour effacer ce triste “souffrir”. Le meilleur et le pire se font face. On pourrait décider d’être optimiste mais alors pourquoi le verbe “sauver” semble-t-il le refrain dans ce chant ?

 

Jeanne Bordeau

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