Nom du tableau : Femmes, Jane Bee
Nom du tableau : Femmes, Jane Bee

10 applications en mode XY

Avec une hotte remplie «d’applis», Fashion advisor, Make up Mirror, Menstruation et Ovulation, Color and Style, la femme 2.0 se met à l’heure impudique de son corps. Aujourd’hui, ces beautés techno peuvent parfaire leur visage grâce à un « facialist » et appellent à la rescousse un « love coach » pour panser leurs maux de cœur. Une poésie numérique détonnante. Par ordinateur interposé, on rêve d’un «corps zéro défaut » avec une barre pour les fans de fitness et de danse façon « X-tend barre » et on mémorise le résultat de ses efforts grâce au « gymdating »... En 2014, la résolution affichée était de présenter « les plus belles fesses de la planète ». En 2013, il fallait rougir ses lèvres et faire briller ses ongles en technicolor… Et en 2015, où se focaliseront les désirs de beauté ? Pendant ce temps, Barbie ne se vend plus, nos petites filles lui préfèrent la « poupée connectée » Cayla, consacrée « jouet de l’année ». Elle mesure 46 cm, et, « blondorama » oblige, arbore une longue chevelure blonde comme 85% des poupées vendues en France.

Croisades de femmes

Mais à l’heure du « me-cosystème » il faut affronter une épreuve visuelle : le regard de l’autre, le « regard des hommes » qui « devient anxiogène »… On cherche à plaire mais on redoute le « harcèlement ». La relation étroite entre « publicité » et « sexisme » est d’ailleurs sévèrement dénoncée par le journal Louise. Sur le web, les « digi-féministes »,militent à coups de hashtags : « Bring back our girls » réclame la libération des 200 lycéennes enlevées par Boko Haram.

Combats tout terrain

En 2014, la femme est une amazone. Mais les vrais débats se jouent à l’étranger où « Effrontées » et « Femen » luttent. En Inde, des femmes meurent après des « opérations de stérilisation » et la « rébellion » porte le « sari ». En Irak, la minorité des « Yezidis » est réduite en esclavage par les barbares de l’« Etat islamique ». « La voix des Yezidis » est entendue par les icônes de 2014, comme Hillary Clinton déjà en lice pour succéder à Obama en 2016 et Angelina Jolie qualifiée de « superwoman » et qui ne cache pas ses ambitions politiques : Hillary aura-t-elle une rivale ? Quant à « Carla », « elle veut chanter », comme « Beyoncé » qui règne sur le planisphère musical. « Trierweiler » ne chante pas, elle vend des livres : déjà « 2 millions d’euros » de gains pour la « Pesteseller ». Ségolène Royal endosse la panoplie de viceprésidente. Julie Gayet, elle, se rêve en « femme engagée ».

Féminité en mouvement

En 2014, le comble du chic, c’est le « normcore », contraction de « normal » et de « hardcore », ou la banalité érigée en étendard. Un style façon Steve Jobs ou Marc Zuckeberg pour une féminité minimaliste placée sous le signe de la contradiction ? « Délit de mode », « corps de velours », « femmes fatales », « prisonnière de son look et de son âge », ce n’est pas la femme mère que les magazines célèbrent. La femme moderne possède des damiers de vies et existe encore sous la tyrannie de modèles contraires.

Rêves en séries !

Comme de tradition, la presse féminine chasse les difficultés du quotidien et publie du rêve en série : l’année 2014 ne fait pas exception avec le très people et médiatisé mariage à cent mille milliards de dollars de « George et Amal ». Femme… Libre de rêver de Georges Clooney ou de se dresser face aux horreurs de l’obscurantisme, pour le 8 mars, célébrons cette femme moderne… fascinante d’énergie dans la multiplicité de ses vies !

Jeanne Bordeau

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