Révélateur d’un sentiment de détresse, le tableau société est éloquent et comme empli de prescience.

Nom du tableau : Société 2014, « Chaos », Jane Bee
Nom du tableau : Société 2014, « Chaos », Jane Bee

Chaos, cette composition où hyperpape et cathos côtoient la folie et la peur sans hiérarchie aucune ! C’est le récit d’une société déboussolée où les allergies fait face à Ebola dans un fracas médiatique. C’est le chaos de la fresque turbulente d’un monde fragmenté avec le djihad dispersé de ci de là dans les médias.

A l’ombre de mots futiles qui nous anesthésient, Djihad 2014 déploie une campagne parallèle de communication 2.0. A Calais se cristallise la misère : les clandestins frappent aux portes des frontières. Zemmour et son suicide français font la une des médias. Trash pour trash, qui aurait pu imaginer qu’en 2014, une expression comme « casser du juif » trouverait sa place dans les colonnes d’un quotidien ?

Folie d’un monde dissonant qui célèbre le poilu autant que le prince George. Chaos où se télescopent futilités qui distraient alors que la famille est décomposée, les générations éclatées, les délires du genre à leur sommet : Ice bucket challenge, l’ogre Zlatan, PSG, génération Rio, cas Nabila…

« Chaos » car le monde se décompose et se recompose.

Il se recompose en mode agile avec des hommes ultra connectés et fous d’hyperconnexion. Les parents 2.0, sont des parents connectés et les ménagères, digitales. Une tempête 2.0 se profile : robots, drones, gopro, objets connectés, la réalité est parfois augmentée, parfois virtuelle et les ordinateurs feront bientôt l’amour mieux que nous.

C’est la chute du Reader’s Digest. Restera-t-il encore des coupures de presse ? Quelle sera notre mémoire ? La liberté d’expression passe-t-elle encore par le crayon et le papier ? On questionne le droit numérique et on parle de droit à l’oubli, de droit à la déconnexion, un mouvement slow et deconnected apparaît, l’interrogation sur le temps révèle un homme est fatigué d’être actuellement en réunion et que toujours ne soit qu’une question de timing.

Question de timing encore quand il faut affronter la fin de vie dans un monde épris de présent perpétuel. On vient au secours des bêtes mais l’homme est seul, plongé dans une ultra moderne solitude, à la recherche d’émotions, ou d’amour, love me tinder.

Et puis il y ces mots qui nous soulagent : tant mieux. Zen, il faut rester zen. Philae nous émerveille.

Alors, y aura-t-il une échappée bleue ?

Par Jeanne Bordeau

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