« Bienvenue à Elysea », par Laure Carrel Billiard de Audencia Business School

EcoRéseau Business le clame haut et fort : il existe en France un ferment entrepreneurial et littéraire dans les esprits, qui ne demande qu’à se concrétiser. La preuve avec ce concours de micro-nouvelles organisé dans chaque numéro auprès des étudiants d’une école, où ceux-ci doivent imaginer une start-up qu’ils jugent révolutionnaire parce qu’elle va bouger les lignes dans le futur. Expérience ce mois-ci avec des élèves de la Majeure «Dirigeants et Entrepreneurs» à Audencia Business School, des plus concluantes au vu de leur créativité.La lauréate, Laure Carrel Billiard, imagine un robot sensoriel…

Bienvenue à Elysea

Des soupirs, une voix douce aussi, toujours cette même harmonie de sons. On ne s’en lasse jamais vraiment, voilà la proposition de valeur ajoutée comme les investisseurs aiment tant à nous l’entendre dire.

« Votre forfait de 30 minutes a été consommé, nous vous remercions pour votre visite et espérons que vous y avez pris beaucoup de plaisir. A la prochaine envie ! »

Un peu mièvre cette voix. On se croirait dans une scène de téléphone rose version robot nasillard. Il faudra que je la signale à l’ingé son.

« Ah M. X ! Une sacrée aventure votre engin, ça faisait plusieurs mois qu’on m’en parlait mais je ne m’attendais pas à une expérience pareille !

– Ravi que cela vous ait plu. Vous avez réussi à vous projeter facilement ?

– Les mêmes sensations ! Plus que ma femme, j’ai l’impression d’avoir trompé l’espèce humaine. J’attends notre discussion de demain avec impatience, le marché canadien vous prête désormais une oreille attentive.

– Je suis ravi de vous l’entendre dire ! A demain donc. »

Aborder l’outre-Atlantique par le Canada… une ambition plus modeste que de s’attaquer à l’Amérique puritaine, c’est sûr. Mais merde quand même ! Un marché de près de 100 millions d’hommes et de femmes sexuellement désœuvrés à qui nous apporterions « LA » solution. C’est rageant…

Ah, ce timbre-ci est plus séduisant.

« Bienvenue à Elysea, le premier simulateur sonore et sensoriel qui vous fera grimper au septième ciel, veuillez choisir votre cabine. »

Laure Carrel Billiard

Avis d’expert : Vincent Lefebvre, Professeur associé, responsable de la Majeure «Dirigeants et entrepreneurs» à Audencia Business School

« Développer des démarches itératives, empiriques, prototyper, tester et apprendre »

En quoi encouragez-vous l’entrepreneuriat au sein de votre école ?

Nous cultivons une démarche de sensibilisation à l’entrepreneuriat. C’est une discipline désormais dispensée à l’intégralité des étudiants. L’’entrepreneuriat est au cœur du programme grande école. Il ne s’agit plus d’un électif ou d’une option mais d’une partie à part entière et incontournable des enseignements. Nous voulons  donner aux étudiants les  clés pour comprendre les différentes approches possibles dans l’entrepreneuriat et démystifier la création d’entreprise.

Dans un premier temps, il nous tient à cœur de faire saisir que les entrepreneurs ne sont pas que

des génies qui ont eu des idées fabuleuses. Nous revenons également sur les fondamentaux, sur les « comment faire de la veille », « profiter ou se créer une opportunité d’affaires », « comment concevoir un projet », « comment résoudre un problème »…

Dans nos mastères spécialisés et notre MBA, dans tous les programmes il y a une teinte entrepreneuriale. Nous voulons que l’entrepreneuriat soit un choix, une option professionnelle qui peut être abordée pendant toute la carrière. Les jeunes le perçoivent désormais comme partie intégrante de leur cursus professionnel, là où les parents et leurs aînés ne le considéraient pas comme tel. Le changement de mentalités est dans l’air du temps. Il s’agit de l’accompagner.

Dans quelle mesure la pédagogie s’adapte-t-elle aux spécificités de la création ?

L’approche classique du business plan est abordée. Mais, nous axons davantage notre pédagogie entrepreneuriale sur la résolution d’un problème et la façon de co-construire un projet : on théorise moins les enseignements. L’idée est celle de développer des démarches itératives, empiriques, prototyper, tester et apprendre.

Nous ne voulons plus que les étudiants soient dans l’image du développeur de projet dans son garage. Nous les rendons acteurs de la formulation de la solution avec leur futur client. Ces approches correspondent aux générations actuelles qui ont envie de tester avant de se lancer. L’entrepreneur ne fait pas un saut dans le vide sans parachute. Nous validons un maximum de choses avec des études moins systématiques, comme les études de marché, nous privilégions une approche plus directe et plus personnelle. Nos réflexions portent aussi sur les freins à l’entrepreneuriat étudiant. Nous venons d’éditer un livre blanc à ce sujet. A ce jour, nous comptons une dizaine d’étudiants-entrepreneurs, du bachelor au master.

Propos recueillis par Geoffroy Framery

 

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