La renaissances express de Ceisa Packaging

Emballé, c’est sauvé !

En 2004, Ceisa packaging est placée en redressement judiciaire puis reprise par ExcelRise. 10 ans plus tard, la PME de l’Eure a quadruplé son CA et exporte ses films plastiques dans 60 pays…

«Si le marché est   porteur, qu’il n’est pas trop concurrentiel ni déclinant, et qu’il existe des opportunités à l’export, alors on peut redresser une entreprise même si elle a connu un accident de parcours », assure Arthur Lepage, président d’ExcelRise. Cet ancien trader devenu serial-entrepreneur en a fourni la preuve à plusieurs occasions en prenant le contrôle et en redressant des entreprises en difficulté.

Sa première reprise date de la fin des années 1990 avec Clust.com, un pionnier de l’e-commerce qu’il revend en 2003 à France Télécom. Cette même année, il se tourne vers le secteur manufacturier et prend les manettes de la société dijonnaise Plasto (80 millions d’euros de CA), spécialiste des produits adhésifs pour les secteurs de la santé et l’industrie. Mais son coup de maître, il le signe en reprenant en 2004, via la holding industrielle ExcelRise, l’entreprise Ceisa implantée à Bernay dans l’Eure (Haute-Normandie). A l’époque, cette ancienne filiale de Pechiney et de Nestlé Waters est en bien mauvaise posture. Suite à la faillite de son actionnaire principal, le groupe belge Fardis, la société spécialisée dans la fabrication de films plastiques imprimés rétractables pour l’emballage des boissons et produits agroalimentaires voit deux gros clients prendre peur et cesser toute collaboration. « L’entreprise comptait parmi ses clients les leaders sur ce marché, ses actifs industriels étaient bons, mais le problème d’actionnariat a entraîné une chute du chiffre d’affaires de l’ordre de

50 %, de 30 millions à 15 millions d’euros », explique Arthur Lepage. Ceisa est placée en redressement judiciaire. Au mois de juillet, ExcelRise reprend l’ensemble des actifs de Ceisa Packaging ainsi que 90 des 142 salariés de l’entreprise.

Rassurer en interne et en externe

Avec ses associés, Arthur Lepage parie sur les bons fondamentaux de l’entreprise. Pour redresser Ceisa Packaging, le nouvel actionnariat va activer plusieurs leviers. Tout d’abord : communiquer clairement autour d’un projet stratégique. « Le premier sujet était de rassurer aussi bien en interne auprès des salariés qu’en externe (clients, banques, collectivités, fournisseurs), afin de redonner confiance », souligne Arthur Lepage. Au sein de l’entreprise, le message passe plutôt bien : « Souvent, les salariés sont assez motivés pour que cela reparte, ils jouent le jeu et apportent de bonnes idées. » Des outils de partage tels que la prime de retour à l’équilibre, reversant 20 % du résultat de l’entreprise aux salariés, sont mis en place en complément de la participation légale.

Afin d’assurer le redressement de Ceisa Packaging, ExcelRise va également mener une politique d’investissement forte. Pas moins de vingt millions d’euros sont ainsi injectés dans l’entreprise en l’espace d’une décennie et à un rythme régulier. Objectif : moderniser les équipements et informatiser Ceisa Packaging dans le but de répondre au mieux aux attentes des multinationales qui sont ses donneurs d’ordres. « En dix ans, la capacité de production de l’entreprise a été multipliée par quatre et les effectifs sont passés de 90 à 200 salariés », précise Arthur Lepage. Parallèlement, une redynamisation commerciale a été mise en œuvre avec des visées sur l’export. Le marché des films plastiques pour l’industrie agroalimentaire est particulièrement porteur dans les pays d’Europe centrale, d’Europe de l’est et du Maghreb. Ceisa Packaging ouvre donc des bureaux et des plateformes logistiques dans plusieurs pays et parcourt les salons professionnels internationaux. Si bien que la société normande, qui réalisait les trois-quarts de son chiffre d’affaires en France il y a quelques années, exporte désormais 80 % de ses produits dans soixante pays à travers le monde. Ses principaux marchés à l’international sont l’Ukraine, la Pologne, la Russie, la Norvège, le Danemark, les Etats-Unis, le Maroc et la Tunisie. « L’avantage c’est que nous produisons des bobines de film et que ce type de produit voyage assez bien », note Arthur Lepage. Et le président d’ExcelRise de préciser : «   En Europe, il y a entre cinq et huit entreprises qui fabriquent ce type de produit. Les clients étant des gros donneurs d’ordres, il faut avoir la capacité de les suivre dans tous les pays. Ce qui n’est pas le cas de tous nos concurrents. »

Chiffre d’affaires mutltiplié par quatre

Dernier levier de redressement de l’entreprise : la consolidation et la croissance externe. En 2013, ExcelRise a renforcé la présence de Ceisa Packaging à l’international en rachetant la société Semoflex, basée près de Pau dans les Pyrénées-Atlantiques (Aquitaine) et spécialiste de l’impression de film polyéthylène thermo-rétractable. Suite à cette acquisition et grâce aux synergies mises en place entre Ceisa Packaging et Semoflex, ExcelRise se positionne désormais comme l’un des principaux acteurs européens sur le marché des emballages souples en polyéthylène. Le groupe, qui emploie 385 salariés sur quatre sites de production et génère un chiffre d’affaires de 120 millions d’euros, commercialise ses packagings aux multinationales de la boisson, de l’agroalimentaire et de l’hygiène.

Dix ans après sa reprise par ExcelRise, Ceisa Packaging est passée du statut d’entreprise fragilisée à celui de success-story industrielle à la française. Son chiffre d’affaires a été mutltiplié par quatre, de 15 à 60 millions d’euros, avec un rythme de croissance annuelle désormais stabilisé autour de 5 à 6 %. Ces belles performances ont permis à ExcelRise d’acquérir le statut d’Entreprise de taille intermédiaire (ETI) et d’intégrer le réseau Bpi  France Excellence, qui dinstingue les sociétés dont les perspectives de croissance sont les plus prometteuses. « Cela nous permet d’obtenir des financements pour des programmes de recherche et développement ou de projets à l’export », ajoute Arthur Lepage. Pas de doute pour le dirigeant : « L’exemple d’ExcelRise montre qu’une entreprise peut avoir plusieurs vies et que les salariés peuvent se remobiliser autour d’un nouveau projet. ».

Yann Petiteaux

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