Emulation entre François et Stéphane pour la conception de la meilleure blague…
Emulation entre François et Stéphane pour la conception de la meilleure blague…

Pour bénéficier du changement, l’homme doit d’abord changer sa façon de procéder. Un paradigme auquel répond Orange avec un lieu idoine, Orange Gardens.

«C’est lorsqu’elle se rend utile que la technologie devient innovation. Mais ce n’est qu’accessible au plus grand nombre que la technologie se fait progrès », introduit Stéphane Richard, PDG d’Orange dans l’atrium du nouveau eco-campus Orange Gardens dédié à l’innovation et la recherche. Ce mardi 8 mai, la rédaction est donc conviée à l’inauguration en grande pompe – François Hollande est venu couper le cordon rouge quelques heures auparavant – de ce nouveau site situé à Châtillon, aux portes de Paris, véritable fourmilière de 3000 collaborateurs issus des sept sites franciliens qui souhaitent favoriser la collaboration et l’émulation en tant que colonne vertébrale du réseau de R&D réparti dans 12 pays et quatre continents.

5G et futur des réseaux au banc d’essai

75000 m2 de bâtiments certifiés HQE nous font face. A l’entrée, pour l’occasion, les convives (entreprises, partenaires, institutionnels, etc.) peuvent le temps d’un cliché immortaliser une pose sur une réplique grandeur nature du trône de fer de la série Game of Thrones. Mais nos yeux se rivent rapidement vers une autre salle qui dénote. L’espace réseaux. Un grand damier blanc s’anime. Les carreaux qui le composent varient du bleu au rouge. Derrière le côté discothèque, une technologie d’avant-garde : « En 2020, nous prévoyons que le trafic sera multiplié par 1000, mais nous œuvrons pour que la consommation soit deux fois moins importante qu’aujourd’hui. La machine que vous voyez clignoter est un outil de mesure qui permet de quantifier la direction et la force d’un message. Ce qui permet d’adresser une puissance plus faible pour un débit égal », vulgarise Dinh-Thuy Phan Huy, ingénieur R&D. L’espace réseaux, malgré son exiguïté, participe également à la mise en norme de la 5G tout en bûchant sur des algorithmes capables de déterminer la couverture nécessaire pour un lieu spécifique. Des chantiers prospectivistes menés de concert avec des académiques tels que l’INSA ou Télécom Bretagne et des industriels à l’image de Thalès.

Esprit d’entreprendre : l’ingénieur, le maker et l’artiste

La visite se poursuit dans ce dédale de l’innovation, où les portraits de personnes inspirantes tapissent les couloirs. Nous nous dirigeons vers le « Troisième lieu ». Entre temps, nous « croisons » Hayao Miyasaki, pape mondial de l’animation, légendé par un de ses fameux aphorismes sur la sérendipité. Tout est fait pour baigner dans la création. Le « Troisième lieu » en est également un parfait exemple. L’espace sans verrous est ouvert à l’ensemble des collaborateurs. Catherine Ramus, ingénieur designer, précise la vocation de cet endroit où trônent fièrement imprimantes 3D, cartes Arduino, scies et marteaux : « Nous ne sommes pas un fablab car nous ne sommes pas ouverts sur l’extérieur. En revanche, nous souhaitons sensibiliser chaque collaborateur à l’esprit du “do it yourself”, leur faire utiliser leurs mains, revenir aux bases à l’heure du digital, les faire devenir des makers qu’ils soient ingénieurs, marketeurs, sociologues, acheteurs, designers… » Tous les coups sont donc permis pour garder les cerveaux en ébullition. D’autant qu’Orange Gardens s’est également doté d’une « Art Factory ». Entendez ici des moyens mis à dispositions d’artistes, sélectionnés via appels à projets. Orange Gardens propose ainsi solutions technologiques et compétences pour les projets artistiques à dimension numérique. Dans le cadre du monde de Lora (réseau IoT bas débit, NDLR), l’artiste Olga Kisseleva a ainsi développé un concept matérialisant le vivant et le réseau et interroge l’approche technologique sur la question de l’écologie.

Acculturation au Big Data et intégration de futures licornes

Nous sortons du bâtiment et retrouvons le lac, les jardins sans orange et les façades végétales qui nous font penser au musée du Quai Branly. Nous arrivons au troisième étage d’un bâtiment voisin. La pièce, épurée, semble tirée d’un livre de Feng Shui. Le mur à bulles rappelle l’effervescence du digital tout en donnant un esprit zen à la pièce, nous dit-on. Des coussins façonnés tels des pierres sont posés ça et là dans la pièce où le bois prédomine. Stéphanie Cabale, vice-présidente marketing digital se réjouit : « Le Data Studio est un lieu de formation et d’acculturation aux outils du data marketing qui tire parti des dernières technologies d’écoute de la voix et des usages sur Internet développés par Orange Labs autour de la sémantique et des algorithmes. » Le Data Studio fait partie d’un réseau de trois espaces de travail d’écoute des réseaux sociaux en temps réel et asynchrone. Vous l’aurez donc compris, le campus Orange Gardens souhaite entretenir un état d’esprit et une flexibilité quant à la manière de collaborer et de sourcer l’innovation chez chaque collaborateur du site. Dans ce Data Studio, trois start-up prennent le temps de nous expliquer les avantages de leur incubation. Outre les espaces de coworking et la mise en relation avec les compétences du groupe, Lionel Baraban, fondateur et dirigeant de FAMOCO, jeune pousse spécialisée dans les solutions de paiement sans contact, précise « qu’Orange Gardens joue le rôle d’accélérateur. Cette collaboration nous ouvre de nouvelles opportunités en nous mettant en relation avec les technocentres ou les business units sur les marchés nationaux et internationaux. FAMOCO a ainsi contribué à lancer Orange Money en Afrique et songe à lancer le coupon alimentaire digital. » Predixis, elle, est spécialisée dans l’intelligence artificielle et le Big Data dans le traitement de la connaissance client. KissKissBankBank, enfin, a fait entrer Orange Venture Capital en tant qu’actionnaire et songe désormais, main dans la main avec ce nouvel entrant, au banking de demain. Au total, cinq à dix start-up seront intégrées chaque année. Et Mari-Noëlle Jego-Laveissière, directrice exécutive Innovation marketing technologique du groupe, de conclure : « Orange Gardens entend bousculer et transformer les modes de travail. A l’image du projet “One Roof” qui met en évidence le design thinking, la volonté de rendre les équipes autonomes et de décloisonner les expertises pour pousser l’idéation collective et accélérer les cycles d’innovation ». Tout un programme.

Geoffroy Framery

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