Extravertie, souriante, attachante, chic… Elle a joué des rôles et vécu des vies pour faire avancer celles des entrepreneurs, récemment ceux de plus de 45 ans.

La fée marraine des entrepreneurs qui met en musique leurs parcours…
La fée marraine des entrepreneurs qui met en musique leurs parcours…

Sur son bureau sont disposés ses sept carnets d’adresses, dans son placard se reposent des centaines de cartes de visite dont elle se souvient avec mélancolie de chacune. Mariella Berthéas, une femme autodidacte qui a su s’imposer à Paris dans le monde de l’entreprise avec ses fondations Jacques Douce ou 3 Suisse, et du mécénat avec l’Espace Kronenbourg dédié à l’aventure humaine. Telle une fée marraine, elle a aidé toute sa vie les autres. « Ton univers va du clochard au banquier », lui disait l’écrivain Lucien Bodard.  Mariella Berthéas est un personnage hors du commun qui a charmé des grandes personnalités comme Marcel Bleustein-Blanchet, Antoine Riboud, Daniel Richard… Et Christine Lagarde avec laquelle elle a fait le tour du monde.

Aventurière

Née à Mâcon, après son Bac, elle a voulu partir. « Ma province était trop étriquée. Je voulais rencontrer d’autres mondes », confie-t-elle. Amie de la fille du préfet, elle était aussi l’amie d’une fermière, balayant sa grange, gardant ses chèvres et ses vaches. « L’été, j’étais fière de défiler avec mon bétail dans le village. Ce fut ma première expérience de l’autorité ». Inscrite à la fac de Lyon, elle s’ennuie très vite et part en Angleterre. Les pays défilent ensuite : Espagne, Italie, États-Unis… Elle commence alors une vie nomade et assure toujours son indépendance économique, « indispensable pour une femme du 20eme siècle ». Petit à petit, elle commence à se fabriquer son fameux carnet d’adresses. Son secret ? « L’importance du networking et le sourire. Sans oublier de longues séances de méditation initiées par Matthieu Ricard ». De retour à Paris, elle envoie à Marcel Bleustein Blanchet, président de Publicis, une lettre de candidature originale : « vous êtes formidable, moi aussi ! Engagez-moi, je suis la femme qu’il vous faut ». Et la voilà parachutée à la direction de Radio Vocation. « S’enchaînaient des centaines d’interviews des vedettes de tous les métiers, présentés à des jeunes de moins de 30 ans (Fondation de la Vocation) ».

 

Conseillère en herbe

Mais la jeune conquérante ne s’arrête pas à son métier de journalisme improvisé. Son chemin croise celui de la veuve de Jacques Douce (Directeur Général du groupe Havas) qui souhaite créer une fondation à son nom pour aider les moins de 30 ans à démarrer leurs projets. Mariella en devient alors Déléguée Générale, avec un comité prestigieux qui épluche des centaines de dossiers de projets dans la communication. Après une sélection, ils sont récompensés par un titre de lauréat et une aide financière. « Je n’ai jamais eu d’enfants et finalement tous ces lauréats sont comme mes enfants », sourit-elle. « Aujourd’hui, ils sont devenus de bons amis (David Nitlich entreprise CENT DEGRES, Charles Henry Dubail de l’Environnement magazine, Jacques Loyer de l’entreprise Coup de Cœur et Grand Comptoir, Gilles Babinet, le Digital Champion de la France auprès de la Commission Européenne…) et je les invite à participer à ma nouvelle aventure le Mouvement Mariella Berthéas (MMB).» Celle qui rêvait d’être comédienne est devenue actrice de sa vie. Antoine Riboud lui offre la direction de la communication et du mécénat au musée des Arts décoratifs. Et pendant cinq ans l’Espace Kronenbourg avenue Georges V dédié à l’Aventure Humaine, où elle organise des expositions, des projections de films selon : l’indien retrouvé pour l’anniversaire de Christophe Colomb, l’aventure de la pensé complexe d’Edgar Morin… Puis, elle crée la Fondation 3 Suisse qui lui permettra de découvrir d’autres jeunes talents comme Mathilde et Bertrand Tomas pour les cosmétiques Caudalie, l’éditeur Florent Massot… A la fermeture de la fondation, elle suit Daniel Richard nommé président de Sephora pour organiser dans la chaine des expositions culturelles, et des opérations de mécénat en Egypte et en Inde.

 

La conquête de Bercy

Celle qui a reçu en 2001 l’insigne du chevalier de la légion d’honneur des mains du banquier Antoine Bernheim fait en 2005 la connaissance de Christine Lagarde. Mariella lui propose de faire partie de son aventure politique avec son carnet d’adresses et sa curiosité insatiable, devenant de fait chargée de mission auprès du Ministre de l’Economie et des Finances pendant six ans. Autre rencontre marquante : Richard Descoings. Le directeur de Science Po la nomme maître de conférences, avec un cours intitulé « Le labo du possible : réalisez vos rêves ». En 2015, Mariella Berthéas ne veut pas prendre sa retraite et crée une association pour aider les plus de 45 ans, qui ont besoin de réseaux afin de développer leur rêve d’entreprise. Ainsi naît le MMB. « Il serait important d’associer la génération X, Y, Z avec celle des seniors. J’appellerais ces derniers la génération E comme experts. » Pour Mariella, ceux qui perdent leur emploi après 45 ans ont beaucoup de difficulté à retrouver du travail dans les grandes entreprises. « Ils ont des rêves d’entreprise et ont besoin d’aide de la génération digitale pour les réaliser. » Pour relever ce défi, elle aimerait collaborer avec Pôle-Emploi, le BGE, le premier réseau national d’entrepreneurs et la BPI pour labéliser son mouvement. « Le MMB pourrait donc devenir un laboratoire de réflexions sur les nouvelles formes de l’entrepreneuriat et du travail. » L’infatigable entrepreneure – au sens d’entreprendre sa vie – ne s’arrêtera pas, en témoigne sa dernière phrase : « la route n’est captivante que si j’ignore le but vers lequel elle me conduit. »

 

 

Anna Ashkova

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