Le financement participatif devient monnaie courante pour les jeunes pousses high-tech. Illustration avec sept exemples français et américains qui ont su enthousiasmer les foules et battre des records.

En ce mois de juillet 2013, Séverin Marcombes et Gawen Arab, deux jeunes diplômés de l’Ecole centrale d’électronique, se frottent les yeux et peinent à croire les chiffres qui défilent sur leurs écrans, où les dollars s’accumulent. Deux jours avant de donner le top départ de leur campagne de financement participatif, un doute avait assailli les fondateurs de Lima : était-il judicieux de se lancer juste avant le 14 juillet, alors que la communauté des geeks français s’apprêtait à chausser les espadrilles pour prendre la route des plages ? Pour limiter les risques, ils prennent la précaution d’allonger la durée de la campagne de 30 à 60 jours et se contentent d’un objectif de 69000 dollars, tout juste de quoi lancer la production. Des précautions qui deviennent vite superflues, puisque ces 69000 dollars ont été investis dans leur petit boîtier de cloud personnel en seulement 12 heures. En tout, la jeune pousse a réuni 1,2 million de dollars, ce qui en fit la première société française à atteindre cette performance sur la plateforme américaine Kickstarter.

Faire financer son projet par une foule d’internautes anonymes ? Si l’idée paraissait gentiment utopique voici quelques années, elle est désormais presque devenue un passage obligé pour les start-up des nouvelles technologies. Et une alternative crédible aux acteurs traditionnels du financement, comme les banques et les business angels. C’est qu’elle présente bien des avantages : « Cela permet de valider très vite son marché et d’engranger des précommandes pour rassurer d’éventuels investisseurs », témoigne Matthieu Giraud, co-fondateur de Squadrone. Pour Séverin Marcombes, de Lima, « c’est au moins autant une levée de fonds qu’une campagne de communication. Cela permet de créer une communauté autour du produit, qui va agir comme un accélérateur et un garde-fou ».

Aux Etats-Unis, les success stories ne manquent pas, puisque les projets y dépassent parfois les 10 millions de dollars.

Nous avons ainsi sélectionné la montre connectée Pebble (10,3 millions de dollars), la console de jeu Ouya (8,6 millions) et l’improbable glacière multifonction The Coolest Cooler (13,3 millions). Pour la France, nous avons retenu Lima (1,2 million), l’HEXO+ de Squadrone (1,3 million) et la 360Cam de Giroptic (1,4 million), dont le record de levée de fonds par une start-up française sur Kickstarter a été battu en mars par le boîtier d’impression Prynt, qui transforme votre smartphone en polaroïd. Ce bout de plastique dopé à la technologie a en effet réuni plus de 1,6 million de dollars.

Ne vous étonnez pas si tous ces projets ont été portés sur la plateforme Kickstarter, car elle domine le paysage mondial du financement participatif. Jugez vous-mêmes : depuis sa création en 2009, la société New-Yorkaise a levé 1,5 milliards de dollars – un demi-milliard rien qu’en 2014 – auprès de huit millions d’investisseurs – des « backers » dans son jargon – pour soutenir 78000 projets. Il existe bien des sites made in France, comme KissKissBankBank ou Ulule, tous deux lancés à Paris en 2010, mais les start-up de l’Hexagone privilégient souvent l’aînée américaine. « C’est la plateforme de la Silicon Valley, justifie Séverin Marcombes de Lima. En s’y présentant, nous montrons à tout le secteur que nous sommes les premiers sur le marché, et nous évitons ainsi de nous faire voler la place. ».

 

Article réalisé par Aymeric Marolleau

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