Antoine de Maximy : J’irai dormir chez vous

Antoine de Maximy ou l’infatigable routard du PAF. A 56 ans, celui qui dort à l’œil aux quatre coins du monde ne tient décidément pas en place. Tout juste l’interview pour les besoins de ce portrait achevée, ce globe-trotter-héros et auteur de la série documentaire de 52 minutes « J’irai dormir chez vous » (JDCV, pour les fans)1, embarquait pour… le Kirghizistan. Deux semaines de tournage, « toujours en solo », insiste-t-il, à sillonner cette ancienne république soviétique, armé de deux minuscules caméras. Un œilleton d’épaule qui filme et capte tout ce que voit l’intéressé et un autre, vissé sur un bras métallique et braqué sur le visage de ce globe-trotter qui signe avec cette nouvelle épopée kirghize son 47e épisode de JDCV. Pourquoi ce pays d’Asie centrale, peuplé de 5 millions d’habitants ? « Tout simplement parce que je n’y suis jamais allé », sourit-il. Un coup de tête donc. Ou plutôt, l’envie – librement inspirée – de découvrir de nouveaux horizons, lui qui a sillonné tant de contrées.

« S’ils ne veulent pas m’héberger pour la nuit, je suis mal… »
« S’ils ne veulent pas m’héberger pour la nuit, je suis mal… »

Menacé de représailles en Bolivie

Avec toujours le même défi : celui de s’inviter à dormir chez les autres, défi qu’il arrive à relever presque systématiquement. Qu’il soit au Japon, en Ethiopie ou à Cuba, il trouve les codes et clés de communication pour convaincre. Aucun pays ne résiste à Antoine de Maximy. Sauf peut-être les destinations « interdites », comme la Corée du Nord. Il n’y a en tout cas « aucun épisode raté », relève-t-il. « A partir du moment où il y a des rencontres, des échanges… » Et de se remémorer aussi bien le Cambodge (« où j’ai communiqué en musique sur place. Superbe souvenir ») que la Mongolie, le Cap-Vert, l’Italie, etc. A chaque fois, Antoine de Maximy pousse les portes des particuliers pour manger puis dormir, afin de mieux connaître leurs modes de vie et traditions. Exercice savoureux à regarder à l’écran, mais aussi délicat parfois sur le terrain. « Le voyage réserve toujours des surprises, il faut être vigilant », poursuit celui qui a – lors du 20e épisode de la série en Bolivie – failli être embarqué par une inconnue qui se faisait passer pour la police. Celle-ci sera finalement arrêtée mais le surlendemain, menacé de représailles, Antoine de Maximy est obligé de quitter en urgence le pays pour le Pérou voisin. « Il y a eu aussi quelques mauvaises rencontres, notamment dans un quartier sordide de la Nouvelle-Orléans », se souvient-il. Au Vanuatu, pendant la première saison de JDCV, il se fera également chasser de l’île de Vao par un groupe de locaux armés de machettes… Des expériences « pas très cool », mais qui restent des exceptions dans le parcours « monde » de ce baroudeur, qui affiche au compteur plus d’une cinquantaine de pays. « Si l’on compte mes aventures JCDV que j’ai commencées en 2003 et toutes celles d’avant bien sûr… », résume-t-il.

 

Sur les « cimes » d’Amazonie

Car Antoine de Maximy – aujourd’hui sans doute le squatteur le plus célèbre de France – est un baroudeur du siècle dernier. De la trempe d’un Nicolas Hulot (en moins cathodique), sorte de voyageur-journaliste sensibilisé très tôt à la nature et aux grandes questions du monde. De Maximy, alors la vingtaine, coupe au bol et sans le Bac (« Je n’ai que le BEPC », plaisante-t-il aujourd’hui), prend en effet part à plusieurs expéditions à bord du « radeau des cimes ». Un projet, né au milieu des années 80, d’observations scientifiques menées à bord d’un dirigeable qui se pose sur la cime des arbres d’Amazonie. « J’ai participé ainsi à quatre expéditions sur ce « radeau », des expériences inoubliables », reconnait l’intéressé, lequel – plus jeune encore – avait effectué trois ans de service cinématographique des armées en tant qu’ingénieur du son. Il sera ensuite journaliste de guerre au Liban pour le compte des armées puis participera à plusieurs documentaires animaliers et scientifiques et collaborera aussi à Thalassa. Une plongée dans le monde des images, mais aussi celui « de l’observation et du voyage qui aura duré près de 15 ans », soulève ce Lyonnais d’origine, descendant d’une famille anoblie du Dauphiné. Une vie donc de journaliste « freelance ».

Pierre Tiessen

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