Pas de changement de paradigme. Le véhicule des quelques années à venir, qui transparaît dans les nouveautés présentées au Mondial de l’Auto, répond en fait aux desiderata actuels : connexion totale, retour d’informations permanent, pilotage automatique.

On attend toujours la voiture qui cligne des phares
On attend toujours la voiture qui cligne des phares

Telle la sempiternelle question de l’œuf et de la poule, difficile de dire si c’est le smartphone qui répond aux besoins de la société moderne ou s’il a créé celui d’être connecté en permanence au point de rendre addict son utilisateur. Toujours est-il que l’homme contemporain est à la recherche de toujours plus de connectivité et d’information en temps réel, y compris là où il en aurait à première vue le moins besoin : pendant qu’il est au volant. C’est un fait, les constructeurs automobiles haut de gamme axent leur communication principalement sur la technologie, notamment l’intégration du smartphone à la conduite. « Nous avons réalisé des sondages sur la connectivité auprès de nos clients. Les retours sont sans appel : il existe une vraie demande d’interactivité de la part des conducteurs », note Antoine Weil, chef de service produit chez Volkswagen France.

La machine-homme en réponse à un besoin

La firme allemande s’apprête à lancer le service Carmeq, une plateforme interactive sur laquelle il sera possible d’échanger tout un flot d’informations avec son véhicule (envoi d’un futur parcours routier, consultation d’un historique de réparations, demande d’un diagnostic, etc.). « Sur nos modèles électriques, il sera aussi possible de lancer une charge à distance », complète Antoine Weil.

En parallèle, grâce à la technologie Mirrorlink (opérationnelle sur la dernière Polo notamment), il est déjà possible de relayer le contenu de son téléphone sur l’écran de la voiture : musique, répertoire, points d’intérêts, etc. Mieux : le système dispense même des conseils d’écoconduite à son utilisateur. Mais ce n’est qu’un début. « Nous faisons en sorte de développer les tableaux de bords tactiles et de diminuer les boutons », avance Renaud Ben Zekri, chef de produit pour Volvo Cars France. La clientèle premium étant férue d’innovations de ce genre, les marques automobiles se livrent une course à la nouveauté high-tech la plus originale. Ainsi, d’après les prévisions, le business des systèmes embarqués devrait peser pas moins de 15 milliards d’euros à l’horizon 2020. Et d’ici 2017, 200 millions de véhicules seront reliés à Internet. Quelques grands noms de la téléphonie mobile (Sony, Samsung, LG, etc.) ont d’ailleurs signé des accords avec des constructeurs.

En route vers l’autonomie ?

Reste que si l’intégration progressive du mobile comme partenaire de conduite apparaît comme logique et cohérente avec l’air du temps, la perspective de la voiture complètement autonome semble relever du fantasme. Et pourtant, certaines marques planchent bel et bien sur le sujet : Volvo, Renault, Audi ou encore Mercedes espèrent lancer les premiers modèles automatisés pour 2020. Et si la machine se substituait à l’homme plus vite qu’on ne le pense ? Après tout, les avions disposent déjà de la technologie de pilotage automatique depuis des décennies, et les automobiles sont déjà bourrées d’électronique… Mine de rien, cette démarche a beau paraître futuriste dans l’approche, elle est déjà en test chez de nombreux constructeurs. « Nous sommes célèbres pour la robustesse de nos véhicules et la sécurité qu’ils apportent. Notre clientèle nous choisit pour cela. Notre objectif ? Qu’il n’y ait plus aucun mort ni blessé grave à bord d’une Volvo d’ici 2020. Les études montrent que la plupart des erreurs sont humaines. L’automatisation devrait permettre d’améliorer sensiblement les statistiques », souligne Renaud Ben Zekri. A l’état de prototype pour le moment, le pilotage autonome s’opérerait grâce à des capteurs et caméras capables de scanner et lire l’environnement de la voiture, et agir en conséquence de celui-ci. De quoi séduire une clientèle « CSP++ » ? « Ce projet est censé répondre à une demande indirecte, à savoir le ras-le-bol des embouteillages, poursuit Renaud Ben Zekri. Non seulement cela devrait fluidifier le trafic, mais surtout, ce système permettra à l’automobiliste de mettre à profit le temps qu’il passe au volant pour réaliser d’autres tâches, comme travailler, de la même manière qu’il peut le faire en train ou en avion. »

Du vert, toujours plus de vert

L’autre gros volet de développement des marques automobiles concerne bien sûr la dimension écologique des véhicules. « La voiture de demain devra aussi être plus propre, notamment parce que les directives européennes l’imposent », expose ainsi Antoine Weil. Alors que PSA Peugeot Citroën mise sur un moteur Hybrid Air, associant un moteur thermique classique à un autre à air comprimé, Volvo a pris le pari de l’hybride rechargeable, qui devrait à terme être développé sur l’ensemble de sa gamme. « Un hybride rechargeable de 400 chevaux viendra en complément d’un moteur quatre cylindres », détaille Renaud Ben Zekri. Mais alors, quid de la clientèle aisée qui ne jure que par les grosses cylindrées ? « Tous les constructeurs se sont mis à réduire la taille du moteur pour consommer moins. Certes, certains consommateurs habitués au haut de gamme ont eu du mal à l’accepter en premier lieu, mais quand on leur expose qu’ils vont y gagner au niveau du malus des taxes écologiques pour un niveau de puissance similaire, ils ferment volontiers les yeux sur la “noblesse” moindre de la cylindrée », complète t-il. En outre, le rouler propre a de plus en plus la cote auprès du chef d’entreprise – celui-là même qui bien souvent forme une seule et même personne avec le client premium amateur de grosses berlines –, pour qui le message renvoyé auprès de ses partenaires et fournisseurs est devenu un enjeu majeur de sa stratégie. L’image du gérant de PME en 4×4 ultra-puissant mais également ultra-polluant a bien vécu. Combiner puissance, plaisir de conduite et performance énergétique, voilà le défi majeur du marché automobile haut de gamme de demain.

Article réalisé par Marc Hervez

Répondre

Saisissez votre commentaire
Saisissez votre nom ici