La faiblesse de rendement du Livret A incite les épargnants à dénicher des placements plus attractifs. Passage en revue.

« Je t’avais pourtant bien dit de lire EcoRéseau ! »
« Je t’avais pourtant bien dit de lire EcoRéseau ! »

Les épargnants peuvent souffler. Contre l’avis de la Banque de France, le gouvernement a décidé de maintenir le taux du livret A à 1%. Pour autant, placer son argent à 1% a-t-il un sens ? De moins en moins de ménages en sont convaincus. Le plus vieux placement des Français, créé en 1818, n’a plus la cote. La preuve : ces derniers sont désormais plus nombreux à penser qu’il est « une bonne chose » de déposer son argent sur un compte bancaire courant, pourtant non rémunéré, plutôt que de le placer sur un Livret A, révélait en décembre dernier l’enquête annuelle Ifop/Aucoffre.com.

 

La chasse aux « super livrets »

Moins rémunérateur, il doit désormais affronter la concurrence d’autres supports tels que Le Compte sur Livret de la Banque Postale, le Plan épargne logement (PEL) mais surtout, « les super livrets bancaires », disponibles auprès des banques en ligne et des établissements de crédit, dont certains offrent des taux très avantageux. Le livret d’épargne de Cetelem proposait par exemple 2,6% pendant 12 mois sur vos 12 premiers versements pour toute nouvelle ouverture avant le 28 février. BforBank offrait pour tout livret ouvert avant le 12 mars 4% annuels bruts pendant trois mois jusqu’à 100000 euros. ING pour sa part proposait pour toute nouvelle souscription entre le 14 janvier et le 24 février un taux de 4% pendant deux mois et jusqu’à 150000 euros. De son côté, le livret Zesto, offre, lui, sans plafond de dépôt, un taux de 1,50% brut, soit 50 points de base de plus que le Livret A. Enfin, Captio Croissance, commercialisé par la Caisse d’Epargne, promet une rémunération qui augmente avec le montant investi et la durée de placement. Si certains livrets bancaires ne manquent pas d’intérêt, ils font toutefois pâle figure face à l’assurance-vie, l’autre placement vedette des Français.

 

L’assurance-vie : toujours la référence

« Même après fiscalité, les fonds euros des assurances-vie rapportent bien plus que le Livret A puisque leur rendement moyen s’est établi autour de 2,5% nets de frais de gestion en 2014, affirme Samantha Rouach, conseil en gestion de patrimoine chez Platineos. Il n’y a plus aucun intérêt à utiliser son Livret A ; il faut se rabattre sur les contrats d’assurance-vie. » Outre le rendement, les épargnants sont séduits par sa fiscalité particulièrement attractive. Seul bémol : les fonds en euros, qui captent 85 % de l’épargne investie en assurance-vie, ont encore vu leurs rendements diminuer l’an dernier aux alentours des 2,2%. Les écarts entre assureurs, et parfois entre contrats chez un même assureur, sont toutefois très larges, puisque les taux vont en réalité de 2 % pour les plus faibles, à 3,5 % environ pour les meilleurs. Compte tenu de la conjoncture marquée par la diminution du taux de rendement des obligations, qui représentent la matière première des assureurs, les professionnels nourrissent peu d’espoirs de redressement en 2015. « Les épargnants à la recherche de performance ont donc intérêt à aller voir au-delà des fonds en euros traditionnels, et notamment vers des supports en unités de compte qui permettent d’accéder à l’ensemble des marchés financiers et de les sélectionner en fonction de leur niveau de risque», estime Natacha Moinard, responsable marketing épargne & retraite chez Swiss Life.

 

Le charme de la pierre-papier

Pour limiter les risques d’une perte en capital sans pour autant se priver d’un rendement confortable, les professionnels sont de plus en plus nombreux à recommander l’immobilier par le biais des Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI), en direct ou dans des contrats d’assurance-vie. Une étude publiée par le site MeilleureSCPI.com anticipe un rendement proche de 5% pour 2014. La pierre-papier offre un avantage majeur : la mutualisation des risques. En cas de difficulté sur tout ou partie d’un des immeubles détenus par une SCPI (vacance, impayé de loyers, sinistre…), l’effet négatif est compensé par les revenus tirés des autres immeubles en location. « Cette caractéristique doit être mise en rapport avec le risque supporté par un investisseur détenant un investissement direct et n’ayant qu’un locataire », explique Jean-Pierre Quatrhomme, P-Dg d’Immovalor, filiale d’Allianz spécialisée dans les SCPI.

 

Comme à Wall Street

La crise de 2008 semble oubliée sur les marchés actions. Wall Street est à un plus haut historique tandis que le CAC 40 est remonté sur ses niveaux de l’été 2008, soit avant la chute de Lehman Brothers. Dans cette perspective, il semble judicieux de prendre quelques risques en plaçant une partie de son épargne en Bourse, idéalement via un plan d’épargne en actions (PEA) où les plus-values ne subissent aucune imposition (mis à part les prélèvements sociaux) après cinq ans de détention. Dans un document publié en décembre sur les perspectives d’investissement à l’horizon 2025, Morgan Stanley recommande notam-ment d’investir sur les actions européennes. « La croissance des bénéfices atteindra 12 à 15% en Europe l’année prochaine », juge Rick Golod, interviewé dans cette note en tant que directeur de la stratégie d’Invesco. La banque d’affaires américaine conseille par ailleurs de parier sur les entreprises qui versent de beaux dividendes. Cela tombe bien : les sommes versées par les entreprises du CAC 40 à leurs actionnaires, sous forme de dividendes et de rachats d’actions, ont grimpé de 30% l’an dernier, selon la lettre spécialisée Vernimmen.net.

 

Des alternatives originales

A côté de ces placements traditionnels, d’autres alternatives se font jour. Ainsi, Jean-François Chauffeté, directeur général d’EOR Expertise Optimisation Retraite, attire l’attention sur l’investissement locatif aux Etats-Unis. « Les loyers perçus remboursent les intérêts d’emprunts et à terme, vous réalisez une plus-value à la revente bien plus importante que si vous aviez investi en France en raison des perspectives prometteuses du marché immobilier américain. Autre atout, il n’y a pas de CSG/CRDS, ce qui en fait un placement peu fiscalisé. » De son côté, Samantha Rouach constate un intérêt croissant de la part de ses clients pour les investissements alternatifs, et notamment pour l’art ou le vin. « Certains clients, fins connaisseurs, investissent dans des Groupements fonciers viticoles (GFV). Ils mettent de côté quelques bouteilles pour leur consom-mation personnelle, et conservent les autres en anticipant une hausse des prix. » Une bonne façon d’allier placements et plaisir !

 

Article réalisé par Pierre-Jean Lepagnot

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