Fonds euro-croissance et contrats Vie-génération sont nés cette année. Des apparitions miraculeuses ? Qu’en attendre et dans quelle stratégie les intégrer ?

Planter ce genre de graine, pour récolter plus tard de l'oseille...
Planter ce genre de graine, pour récolter plus tard de l’oseille…

Au premier trimestre 2014, les Français ont davantage mis l’accent sur l’épargne par rapport à la fin 2013. Le taux d’épargne des ménages a ainsi atteint 15,9%, soit une hausse de 1,2%. Or avec le Livret A, l’assurance-vie reste l’un des placements favoris dans l’Hexagone. Deux nouveaux produits, créés cette année, pourraient venir bousculer ce marché d’ordinaire plutôt « placide ».

Idéal pour financer la retraite ?

Le premier de ces placements est le fonds euro-croissance, dont l’objectif affiché est de proposer la sécurité des fonds en euros (où le capital est garanti), et le dynamisme des fonds en unité de compte (généralement plus performants), à la manière des fonds dits diversifiés. Les fonds euro-croissance promettent donc la garantie du capital, mais seulement après un minimum de huit ans sous gestion. Sur le plan fiscal, l’euro-croissance offre les mêmes avantages qu’une assurance-vie classique. Les retraits après huit ans de détention ne donnent lieu à aucun impôt sur le revenu si les gains ne dépassent pas le seuil de 4600 euros. Difficile en revanche de prédire le potentiel de rendement à long terme du produit, qui vient tout juste d’être commercialisé – d’autant plus qu’il sera fortement corrélé à l’évolution des marchés actions dans les années à venir. « Ce produit peut être adapté à la préparation de la retraite », estime Maryline Lourenco, du service patrimonial de Cholet Dupont. Il est intéressant en raison de la garantie du capital, et du rendement plus intéressant que les fonds en euros. Je pense qu’il faut l’envisager comme une enveloppe permettant de dégager des revenus complémentaires pour la retraite. » Certains professionnels sont en revanche plus mitigés. Pour Hervé de la Tour d’Artaise, président de CGPC (association Française des conseils en gestion de patrimoine certifié), ce produit est un « gadget » : « Il s’agit d’une construction comme on en voit beaucoup dans le monde financier. Il était déjà possible de mixer fonds en unités de compte et fonds en euros. Quant à la garantie de capital au bout de huit ans, je tiens à préciser qu’à part la période de crise financière que nous avons connue récemment, il n’y a pratiquement aucune période où la Bourse a baissé sur une période de dix ans », explique-t-il. L’autre nouveauté du marché de l’assurance-vie, c’est le contrat « Vie génération ». Investi exclusivement en unités de compte, il a pour but de soutenir certains secteurs de l’économie. 33% des fonds doivent ainsi obligatoirement être investis dans des entreprises de moins de 5000 salariés, dans le logement social et intermédiaire, et dans l’économie sociale et solidaire.

Des objectifs contradictoires ?

En contrepartie de l’obligation d’investir un tiers des fonds dans des PME et des ETI, les souscripteurs pourront réduire de 20% la base de calcul du prélèvement supporté par chaque bénéficiaire du contrat avant application de l’abattement de 152000 euros. Une mesure qui permet d’atténuer les effets de la hausse du prélèvement qui a pris effet le 1er juillet dernier (cf. encadré ci-dessous). « Ce contrat est un peu moins rentable et un peu moins souple que l’euro-croissance, qui offre une meilleure maîtrise du rendement, estime Maryline Lourenco. Selon moi, ce n’est pas forcément le placement le plus approprié pour envisager la retraite. » En revanche, les avantages fiscaux en font un atout pour la préparation de la succession. « L’avantage successoral en fait un produit largement plus intéressant qu’un contrat d’assurance-vie classique en termes de transmission », conclut-t-elle. A noter que comme pour l’euro-croissance, il est possible de souscrire un nouveau contrat, ou de transformer un contrat existant pour conserver l’éventuel bénéfice en matière d’antériorité fiscale. Pour Hervé de la Tour d’Artaise, ce placement « mélange deux objectifs ». « D’un côté, il s’agit de financer la croissance des PME, ce qui convient plutôt à des investisseurs prêts à prendre un risque supérieur à la moyenne, donc relativement jeunes. De l’autre, il y a l’argument fiscal, à savoir la transmission, qui est plutôt destiné à des personnes plus âgées », affirme-t-il. Pour simplifier, la composition du portefeuille est celle que recherche un public de quadra-génaires, mais l’avantage fiscal est de nature à intéresser les sexagénaires…

Article réalisé par Antoine Pietri

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