Le verbatim à retenir…

Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement

Pierre Dac

Le graphique encourageant

On commençait à ne plus y croire : la France va enfin voir sa courbe de chômage s’infléchir pour redescendre autour des 10% à la fin de l’année 2015, selon les prévisions de l’OCDE. Cette légère décrue devrait s’amorcer au cours du second semestre, après un pic à 10,2% en milieu d’année. Au cours du premier trimestre, le chômage devrait atteindre 10,1% de la population active métropolitaine, soit +0,1 point par rapport à la fin de l’année 2014.

Des chiffres et des lettres agréables

C’est, en pourcentage et selon les derniers chiffres de l’Insee, la croissance française enregistrée au premier trimestre 2015, après une stabilité au quatrième trimestre 2014. Au cours des trois premiers mois de l’année, la production totale de biens et services a cru de 0,7%. La production manufacturière notamment a accéléré de 1,3%. Dans le même temps, les dépenses de consommation des ménages ont progressé de 0,8% avec un net regain des achats d’automobiles.

La bonne nouvelle ici et maintenant

Les entreprises françaises ont gagné en pérennité. En effet selon l’Insee, 71% de celles qui ont été créées en 2010 étaient toujours actives trois ans plus tard. Soit une nette progression par rapport aux entreprises nées en 2006, et dont « seulement » 66% avaient passé le cap fatidique des trois ans. Cette amélioration est notamment liée à un « environnement économique moins défavorable », la période 2008-2009 ayant été marquée par une forte contraction de l’activité des entreprises françaises.

Pour rêver très loin

Faire marcher votre ordinateur à la seule force du regard, ça vous tente ? C’est ce que proposent deux ingénieurs suédois finalistes du Prix de l’inventeur européen dans la catégorie PME. Basée sur le « tracking » oculaire, leur technologie permet de déplacer la petite flèche sur l’écran par le mouvement des yeux. Un clignement de paupière suffit pour cliquer sur une icône ou un lien. Cette nouvelle interface homme-machine pourrait trouver de très nombreuses applications, notamment auprès des personnes handicapées.

Des brèves qui donnent le « smile » le matin…

Bonne nouvelle sur le terrain de l’inflation : l’indice harmonisé des prix sur la zone euro a progressé de 0,3% sur un an. Il s’agit de la première hausse des prix depuis six mois. Mieux, l’inflation « sous-jacente » (hors tabac, alimentation, énergie…) a progressé de 0,9% sur la même période, signe de la capacité des entreprises à fixer leurs prix et générer des bénéfices. La reprise de l’inflation globale est notamment liée à l’atténuation de la baisse des prix de l’énergie et le rebond des prix des produits manufacturés.

Business et écologie sont définitivement compatibles. Selon une étude récente de la WWF, la protection des océans par l’extension des aires marines protégées pourrait générer entre 490 et 920 milliards de dollars de bénéfices nets et créer 150000 à 180000 emplois à l’horizon 2050. L’organisation mondiale de protection de la nature précise qu’un dollar investi dans ce chantier rapporterait un bénéfice trois fois supérieur grâce à la création d’emplois directs, la protection côtière ou la pêche.

Facebook a jeté son dévolu sur Paris pour l’ouverture de son premier laboratoire de recherche en dehors des Etats-Unis. Créée avec six chercheurs, cette unité spécialisée dans le domaine de l’intelligence artificielle devrait employer à terme une trentaine de super-cerveaux. Mark Zuckerberg a justifié son choix en précisant que la France possède « une des plus grosses communautés autour de l’intelligence artificielle dans le monde ».

Voilà un business qui tourne : selon un rapport du ministère de la Défense, les exportations françaises d’armement ont bondi de 18% à 8,2 milliards d’euros en 2014. Une augmentation deux fois supérieure à la tendance mondiale (+ 9%). Il s’agit de la meilleure performance nationale depuis quinze ans. Le Proche et Moyen-Orient constitue le premier débouché de la France sur ce secteur. La tendance devrait se confirmer en 2015 avec les ventes de Rafale à l’Egypte et au Qatar.

 

La belle histoire du mois : Dan Price, philanthrope ?

C’est une des belles réussites entrepreneuriales rendues désormais possibles par le financement participatif. 1083, la marque de jeans et de sneakers fabriqués en France, vient de faire exploser les compteurs du site de crowdfunding Ulule.com en dépassant de 836% son objectif de collecte. Elle a en effet atteint les 936 préventes de jeans et paires de baskets. Avec un prix de vente moyen de 89 euros pièce, la start-up a de quoi financer ses stocks !

1083 a été fondée en avril 2013 par Thomas Huriez, un jeune entrepreneur sensible au made in France qui avait déjà créé en 2007 Modetic, une société spécialisée dans la commercialisation de vêtements équitables. Pour contribuer à sauver la filière textile hexagonale, le jeune homme a une idée aussi simple que folle : réduire au minimum le circuit entre le consommateur et le fabricant. Ses jeans bio et sneakers sont donc fabriqués et éco-conçus en France, soit à moins de 1083 kilomètres de l’acheteur final. Un chiffre qui correspond à la distance entre les deux villes les plus éloignées de France métropolitaine : Menton (Sud-Est) et Porspoder (au Nord de Brest). A titre de comparaison, un jean classique parcourt en moyenne 65000 kilomètres au cours de sa fabrication…

Le concept, basé sur une consommation intelligente et une production locale respectueuse de l’environnement, séduit immédiatement et génère un joli buzz médiatique. Ainsi, un an après sa création, la marque basée à Romans-sur-Isère (Drôme) avait déjà vendu plus de 9000 jeans et paires de chaussures, créant au passage une dizaine d’emplois ! Les produits de la marque sont commercialisés en ligne (1083.fr) et dans plusieurs boutiques de Toulouse et de Rhône-Alpes.

Les pantalons 1083 sont entièrement confectionnés et teints en France. Seuls la filature, les rivets et les boutons viennent d’Italie. Par conséquent, « sur un prix de vente de 89 euros, près de 86 euros irriguent l’économie locale », souligne l’entreprise. Qui dit mieux ?

 

L’onde positive

par Thierry Saussez, Fondateur du Printemps de l’Optimisme

Les pessimistes ont oublié que sur la ligne de départ nous étions tous égaux. Nous avons été des bébés positifs et optimistes. Nous sommes tombés 100 fois, 1000 fois et, à chaque fois, nous avons tenté de nous relever jusqu’à tenir debout. Sinon nous serions des rampants.

Nous avons donné libre cours à notre imagination, notre créativité, nos envies de découverte, notre besoin d’apprendre.

C’est pourquoi la jeunesse est une chance. La vie apporte certes son lot d’obligations, de contraintes, de déceptions. Mais pas suffisamment encore pour nous rendre blasés, briser nos rêves d’enfant, nous faire perdre notre fraîcheur et même une certaine candeur.

On voit bien dans les grandes enquêtes internationales que les jeunes Français sont plutôt moins pessimistes que les adultes. Contrairement à leurs parents qui pensent que leurs enfants seront moins heureux qu’eux, ils sont, en majorité, satisfaits de l’époque dans laquelle ils vivent. Ils ne s’enferment pas dans cette contradiction qui consiste à consommer, sans se poser de questions, les produits du monde entier tout en vociférant contre la mondialisation.

Les jeunes d’aujourd’hui ont un rapport décomplexé à l’argent qui est à l’origine de l’engrenage vers la défiance. Ils n’ont aucune nostalgie du passé qui fait douter de l’avenir. Ils sont peu enclins aux lendemains qui chantent, aux idéologies qui prétendent changer l’homme, la vie, la société, la civilisation.

Cette génération est concrète, utilitariste, non d’une façon égoïste ou cynique, mais au sens philosophique. La justesse d’un acte se juge non pas en fonction de principes (surtout ceux qui sont imposés) mais de ses conséquences. Elle doit tendre à se réaliser individuellement mais en connexion avec les autres, à apporter une satisfaction personnelle tout en considérant le bien-être de tous.

Nous sommes passés du moi-je, le repli de l’individu sur lui-même, au moi-nous.

Bien des parents et plus encore de patrons – j’en rencontre beaucoup lors de mes conférences – sont décontenancés voire découragés par leurs rapports avec les jeunes. Il est vrai que ceux-ci ont parfois une fierté exacerbée et une productivité limitée.

La jeunesse est dans le monde nouveau, celui de l’information qui circule à la vitesse de la lumière, de la technologie, des réseaux, de l’instantanéité. Toute personne qui reste dans le monde ancien et ne fait pas l’effort de s’adapter, à tout le moins en en décryptant les enjeux, ne peut pas vraiment motiver, entraîner les jeunes d’aujourd’hui.

Entendre, comprendre la jeunesse, l’évolution de ses goûts, ses pratiques, ses attentes, c’est la meilleure façon de rester jeune, de garder son âme d’enfant.

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